Thomas Mesnier, jeune urgentiste et député LREM de Charente, avait été missionné en novembre dernier par la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour ausculter "la gestion des soins non programmés", autrement dit les urgences, sur tout le territoire. Après six mois de travail, il a rendu son rapport.

Avec 21 millions de passages par an, les urgences sont détournées de leur mission première à savoir l'urgence vitale.
Avec 21 millions de passages par an, les urgences sont détournées de leur mission première à savoir l'urgence vitale. © AFP / THIERRY THOREL

La mort tragique de Naomi, faute d'avoir reçu les soins d'urgence dont elle aurait eu besoin, met particulièrement en lumière le rapport de Thomas Mesnier. Sans surprise, le jeune urgentiste et député LREM de Charente, mandaté pour ausculter "la gestion des soins non programmés", fait le constat d'urgences à bout de souffle, et sur-sollicitées faute d'alternative.

Une réforme s'impose qui pourrait mettre les généralistes à contribution. 

Le constat est connu de tous : avec 21 millions de passages par an, les urgences sont sollicitées à tout bout de champ et détournées de leur mission première, à savoir l'urgence vitale.

Chacun doit "prendre sa part"

La moitié des patients qui viennent aux urgences (soit une dizaine de millions de passages), dit le rapport, ne nécessitent ni les compétences ni le plateau technique de l’hôpital.

Ce sont ces cas – les angines, les chevilles tordues, les petites fièvres de nourrissons… – qu'il faut orienter autrement et ramener à la médecine de ville, qui doit, insiste le rapport, "prendre sa part".

Thomas Mesnier propose donc que les généralistes s'organisent entre eux pour que, partout en France, il devienne possible pour les petites urgences de se tourner vers un cabinet libéral, un médecin, voire un pharmacien ou un infirmier.

Les médecins, mais pas seulement

En effet, le rapport propose aussi de s'appuyer sur d'autres professions de santé que les seuls médecins, mais aujourd'hui ce n'est pas toujours le cas sur certains territoires. Pour une angine, explique le rapport, un pharmacien pourrait parfaitement par exemple faire le test et donner l'antibiotique si nécessaire.

Le rapport prône aussi la mise en place d'un numéro de santé unique, une ligne à laquelle répondraient toute la semaine urgentistes et généralistes. Cette collaboration systématique permettrait un tri plus facile et plus rapide entre petites et grosses urgences.

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