Face à la défiance suscitée par le vaccin au sein de la population française, l'exécutif fait le pari de la démocratie participative. Trente-cinq citoyens vont être tirés au sort à compter de ce lundi afin de constituer un comité chargé de faire remonter les interrogations concernant la stratégie vaccinale adoptée.

Chaque personne tirée au sort devra évaluer sa position à l'égard des vaccins
Chaque personne tirée au sort devra évaluer sa position à l'égard des vaccins © AFP / Sameer Al-DOUMY

Désamorcer la défiance et répondre au mieux aux questions des Français concernant la stratégie vaccinale de l'exécutif contre le Covid-19. Tel est l'objectif du conseil citoyen dont Emmanuel Macron avait annoncé la création lors de son allocution le 24 novembre dernier, et pour lequel le tirage au sort démarre ce lundi 4 janvier, sous l'égide du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Comment ce panel sera-t-il composé ? Comment ses membres vont-ils travailler ? Voici ce que l'on sait.

Comment ses membres seront-ils sélectionnés ?

Ce comité sera constitué de 35 citoyens, tirés au sort. Le CESE, qui supervisait déjà la Convention citoyenne sur le climat, va ressortir son annuaire, et y piocher de nouveau au hasard des milliers de numéros de téléphone. Chaque personne appelée à compter de ce lundi devra décliner son âge, sa région d'habitation, son niveau de diplôme, la catégorie socio-professionnelle à laquelle elle appartient et son type d'habitation. Elle devra ensuite évaluer, sur une échelle de 1 à 5, sa position à l'égard des vaccins, 1 signifiant une opposition, 5 une adhésion. "Cela va permettre d'avoir une représentation des différentes sensibilités de la société française", souligne Patrick Bernasconi, président du CESE.

Comment ce collectif de citoyens va-t-il travailler ?

Auditions de médecins, de ministres, recherche de chiffres et d'études... Une fois désignés, les membres de ce panel travailleront en étroite collaboration avec Alain Fischer, à la tête du Conseil d'orientation sur la stratégie vaccinale. Leur mission : faire remonter les "peurs, résistances et questions éthiques que peut susciter la vaccination", selon la lettre de mission citée par Le Parisien. De fait, d'après un sondage Odoxa-Backbone consulting publié ce lundi, 58% des Français ne veulent pas de l'injection.

Les débats - qui s'annoncent donc animés - auront lieu pour certains en visioconférence et pour les autres au siège du CESE, à Paris.

Pourquoi ce comité a-t-il été créé ?

Depuis le printemps dernier, le Conseil scientifique réclame la mise en place d'un comité chargé de faire le lien avec la société et de s'assurer de l'adhésion de la population à la stratégie du gouvernement face au Covid - au-delà même de la seule question des vaccins. Une demande partagée par la Conférence nationale de santé, instance de consultation dont la mission est notamment de contribuer à l'organisation de débats publics sur les questions de santé. Bon gré mal gré, Emmanuel Macron a annoncé le 24 novembre la création d'un panel de citoyens, dont les contours ont ensuite été précisés au fil du mois de décembre. 

Quel calendrier ?

Alors que la campagne de vaccination a démarré depuis une semaine et est déjà critiquée pour sa lenteur, il s'agit désormais de ne pas perdre de temps. Le comité citoyen est censé être opérationnel le 16 janvier. Mais même si un rapport est attendu d'ici l'été, "on ne va pas attendre le mois de juin pour dire ce que l'on pense de telle ou telle chose", insiste Patrick Bernasconi. 

"L'idée est d'être réactif, et d'avoir très vite des prises de position, pour que d'ici la fin janvier-début février tout ceci fonctionne."

En parallèle, le CESE va mettre en place sa propre commission ainsi qu'un site Internet pour recueillir les attentes des Français.