Alors que le gouvernement semble se diriger vers une obligation vaccinale des soignants vis-à-vis du Covid, à quelles obligations les soignants sont-ils déjà soumis ?

En Ehpad, seulement 60% des soignants ont reçu une première dose de vaccin. 80% des professionnels libéraux ont reçu une première injection.
En Ehpad, seulement 60% des soignants ont reçu une première dose de vaccin. 80% des professionnels libéraux ont reçu une première injection. © AFP / Hans Lucas / Aline Morcillo

L'idée avait été évoquée il y a quelques mois, sans qu'elle se concrétise. Désormais, rendre obligatoire la vaccination contre le Covid-19 chez les soignants semble être, pour le gouvernement, la seule solution pour améliorer la couverture vaccinale de cette population, au contact de malades et de personnes souvent sensibles et encore trop peu immunisée. Lundi matin, le porte-parole du gouvernement a même confirmé sur France Inter qu'il s'agissait d'une "sérieuse possibilité", constatant "un certain consensus (...) autour de cette idée"

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex doit d'ailleurs consulter les associations d'élus pour recueillir leur avis sur le sujet, avant un éventuel projet de loi qui pourrait être examiné dès la fin juillet au Parlement. Un changement qui ne ferait qu'ajouter un nouveau vaccin à la liste de piqures déjà obligatoires pour les professionnels de santé (médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme mais aussi infirmier, kinésithérapeute ou aide-soignant). 

Quatre vaccins obligatoires

Depuis 1991, le code de la santé publique indique que tout soignant d'un hôpital ou d'une maison de retraite s'exposant ou exposant les patients à des risques de contamination doit obligatoirement être immunisé contre l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la polio. D'autres vaccinations sont quant à elles seulement recommandées par les autorités de santé : varicelle, rougeole, coqueluche ou bien rubéole. 

Quatre vaccinations obligatoires, auxquelles s'ajoutait jusqu'en 2006 celle contre la grippe. Mais dans les faits, l'obligation a, là,  été suspendue car certains personnels mettaient en avant que le vaccin n'est pas efficace à 100% et que les mesures barrières peuvent suffire. Une minorité de soignants sont donc vaccinés contre la grippe, ce qui fait d'ailleurs régulièrement débat. Il y a trois ans, la Cour des comptes avait d'ailleurs préconisé l'obligation, en évoquant des cas, à l'époque, de décès dans un Ehpad lyonnais. 

Condition sine qua non

Pour les autres vaccins, notamment l'hépatite B, l'obligation vaut même pour les étudiants infirmiers. Il est théoriquement impossible d'exercer sans cette vaccination qui protège le patient mais qui protège surtout les soignants eux-mêmes, puisqu'il suffit de se piquer en manipulant une aiguille infectée pour éventuellement l'attraper. 

Dans ce cas, le risque immédiat encouru par les soignants peut-être incitatif et la vaccination obligatoire s'impose au soignant, qui doit en fournir la preuve à son entrée en fonction. Mais compte-tenu de la pénurie de personnels et des maigres moyens de la médecine du travail, certains se demandent cependant si les contrôles sont aussi stricts qu'ils sont censés l'être.