La radio fête ses 100 ans en ce début du mois de juin... et les radios libres leurs 40 ans. Mais l'autre révolution après celle de la bande FM, fut celle des webradios à l'aube des années 2000. Présentes dans le paysage radiophonique depuis plus de 20 ans désormais, elles apportent une immense diversité.

Des milliers de radios, plus ou moins grosses, émettent exclusivement sur Internet
Des milliers de radios, plus ou moins grosses, émettent exclusivement sur Internet © AFP / Indranil MUKHERJEE

Ce 1er juin marque les 100 ans de la radio en France, et célèbre également le quarantième anniversaire de l'apparition des radios libres, avec la fin du monopole d'État sur la bande FM. Mais depuis cette révolution en 1981, une autre évolution technologique a métamorphosé le monde de la radio : Internet, et avec elle l'avènement des webradios. Depuis la fin des années 90, d'abord réservées à des chevronnés de l'informatiques, elles sont devenues de plus en plus faciles à créer : aujourd'hui, presque tout le monde peut, en échange de quelques euros et d'un peu de temps, créer sa webradio.    

Résultat, il existe en France des dizaines de milliers de webradios. Si certaines des plus écoutées se sont réunies sous la bannière de l'UWF (Union des webradios françaises) en mars dernier, il y en a bien d'autres qui évoluent seules. Voici un tour d'horizon de ce paysage des webradios – en dehors de celles, évidemment, tenues par les grandes radios déjà bien installées. 

Les grandes webradios historiques

Fréquence 3 est l'une des pionnières : elle trouve ses racines dans des émissions montées en 1998, et a lancé ses programmes en 2001. Toujours associative, elle est aujourd'hui animée par plusieurs bénévoles qui font vivre sa grille des programmes et une programmation musicale qui promet "une rafale de tubes", en parallèle de laquelle la radio vient de lancer quatre webradios exclusivement musicales. Autre particularité : elle est l'une des rares webradios à avoir fait le chemin inverse, en gagnant deux fréquences sur la bande RM, en Touraine et dans le Loir-et-Cher. 

Dans un autre genre, Hotmixradio mise sur la quantité : fondée en 2006 par un ancien d'Europe 2, il s'agit en réalité d'un bouquet de radios musicales, aujourd'hui au nombre de 25. Résultat, le bouquet figure régulièrement dans les webradios les plus écoutées de France. 

On peut aussi noter l'existence d'une revenante, ressurgie du passé : Radio 404. Il s'agissait de l'une des premières webradios françaises, fondée par le collectif Rézal 404, dédiée à la scène alternative, avec beaucoup d'artistes indépendants. Stoppée en 2012, elle a refait surface il y a quelques mois, sous l'égide d'une partie de ses anciens créateurs. 

Des radios ultra-spécialisées

Le format de la webradio permet de créer facilement un programme dédié à une passion, à une cause, à des envies. Ainsi, un peu à la manière des chaînes de télé thématiques diffusées sur les bouquets satellite ou Internet, le paysage des webradios est constitué d'antennes spécialisées, dédiées à un sujet en particulier. C'est le cas de Public Santé, qui fait partie des radios numériques les plus écoutées, et propose un programme alternant de la musique et des émissions et chroniques dédiées au bien-être, aux soins et à la médecine. 

Dans un style différent, Art District propose une programmation constituée exclusivement de jazz et de programmes dédiés à l'art, de la littérature aux arts plastiques. Radio Cyclo, quant à elle, est exclusivement centrée sur l'actualité du vélo - et se décline sous la forme d'une chaîne vidéo. 

Dernier secteur délaissé par la FM : les enfants (dont l'écoute de la radio n'est pas mesurée par les sondages), pour qui des webradios ont été développées. Des antennes comme Radio Doudou, qui diffuse des comptines, des chansons pour bébés mais aussi de la musique "adulte" comme du jazz et du classique, ou Radio Pomme d'Api, du nom du magazine, se partagent l'écoute des tout petits. 

De la musique à gogo

C'est l'autre grand atout des webradios : apporter une offre musicale considérable, parfois plus exploratoire que beaucoup d'antennes "traditionnelles". Ainsi, depuis 2007, Radio Meuh, qui doit son nom à ses studios perchés dans les montagnes des Alpes, propose une programmation variée naviguant entre tous les genres. Car même si elle a été fondée par des DJ, elle est loin de se limiter à l'électro. Comme le bouquet Hotmixradio, elle est l'une des rares webradios à se hisser au niveau des radios "traditionnelles" dans les chiffres d'écoutes. 

Le pendant parisien de Radio Meuh, c'est Faubourg Simone, une webradio alternant entre une programmation là aussi très éclectique (teintée d'accents électro et soul), et de l'info sur la vie culturelle à Paris. Fondée par des Parisiennes qui ne trouvaient pas leur radio idéale, elle est devenue l'une des références du paysage webradiophonique. 

D'autres, enfin, s'essaient à apporter une touche d'originalité à leur programmation musicale : c'est le cas de Djam Radio, qui ponctue sa playlist d'extraits de films et donne l'heure non pas aux heures piles mais aux heures doubles (15h15, etc.), de Radio Michel (à laquelle contribue l'auteur de ces lignes) qui diffuse exclusivement des artistes nommés Michel ou Michelle et des chansons incluant le nom "Michel", ou enfin, de l'incontournable Radiooooo, qui troque un flux audio pour des dizaines de flux classés par pays, par genre et par décennie. L'outil idéal pour plonger dans des curiosités musicales du monde entier.