C'est ce que recommande un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) : passer de 11 jours à deux ou trois semaines, avec pour objectif de faire évoluer la répartition des tâches entre parents. Le cabinet de Marlène Schiappa assure que la question est "à l'étude mais rien n'est arbitré".

Le congé de paternité est aujourd'hui largement sous-utilisé
Le congé de paternité est aujourd'hui largement sous-utilisé © Maxppp / Sandro Di Carlo Darsa

Comment faire pour que les mères ne soient plus automatiquement "le parent qui s'occupe des enfants" ? Au-delà de l'évolution progressive des mentalités (pour dépasser l'idée que la vie professionnelle devrait rester la priorité du père, et la vie familiale celle de la mère), certains mesures concrètes pourraient bien encourager ce changement, selon l'Igas.

Les auteurs du rapport estiment ainsi que "si la durée (du congé paternel) restait inchangée", il est "peu probable" d'observer des progrès significatifs sur la "répartition des tâches au sein du couple" et "l'égalité professionnelle". C'est une demande de longue date du féminisme, plusieurs tribunes récentes estimant que ce congé est aujourd'hui "trop court pour être efficace" (11 jours consécutifs en plus des 3 jours de congé de naissance obligatoires).

C'est effectivement très peu, voire ridicule par comparaison avec certains de nos voisins européens.

Une efficacité réduite s'il n'est pas obligatoire

L'autre question, c'est celle du caractère facultatif de ce congé. Aujourd'hui, seuls sept pères sur dix le prennent. La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes n'est pas favorable à ce qu'il devienne obligatoire. Cela obligerait pourtant salariés et employeurs à appliquer la mesure : l'Igas observe par exemple que 80 % des pères en CDI prennent le congé, contre 48 % des pères en CDD.

Un congé paternité obligatoire (même sur une partie de ce congé) permettrait de "favoriser la prise du congé par des pères qui auparavant s'abstenaient, et déculpabiliserait ceux qui souhaitent le prendre pour la totalité de sa durée".

Obligatoire ou non, ce nouveau congé paternité ne serait de toute façon pas une révolution (seulement une dizaine de jours en plus). Pour les militants, il faudrait a minima passer à un congé paternité de six semaines pour avoir une efficacité réelle sur les discriminations faites aux femmes dans le monde du travail. Le congé maternité, lui, est fixé à seize semaines.

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