[scald=66805:sdl_editor_representation]par Tamim Elyan et Tom Perry

LE CAIRE (Reuters) - Après plusieurs journées de manifestations et de violences, les militaires au pouvoir en Egypte ont accepté mardi d'accélérer le processus de transfert du pouvoir aux civils, en convenant d'organiser une élection présidentielle en juin.

Telle est l'annonce majeure faite dans une allocution télévisée par le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Egypte depuis le départ du président Hosni Moubarak en février après plusieurs semaines de contestation.

Jusqu'à présent, le calendrier des militaires ne prévoyait pas de présidentielle avant la fin 2012 ou le début 2013.

Le maréchal Tantaoui a annoncé d'autre part qu'il acceptait la démission du gouvernement d'Essam Charaf, intervenue dimanche à la suite des manifestations et de violences.

Il a présenté ses condoléances aux familles des 36 personnes tuées dans les violences des derniers jours et assuré que l'armée était prête à rentrer immédiatement dans ses casernes si la population exprime un tel souhait par référendum.

"Les forces armées, représentées par le Conseil suprême, n'aspirent pas à gouverner et placent au-dessus de toute considération l'intérêt suprême du pays", a assuré le maréchal.

Selon lui, l'armée est "absolument prête à transmettre les rênes immédiatement, et à reprendre sa mission initiale de protection de la nation, si la nation le souhaite, via un référendum populaire", a-t-il dit.

EFFIGIE DE TANTAOUI PENDUE

Il a confirmé en outre que les élections législatives, dont la première phase doit débuter lundi prochain, auraient lieu dans les délais prévus.

"Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que le transfert du pouvoir à un président civil interviendrait en juillet", avait déclaré à Reuters, avant l'allocution de Tantaoui, Emad Abdel Ghafour, chef du parti salafiste Nour, l'un des hommes politiques qui ont rencontré l'état-major de l'armée.

L'élection présidentielle aura lieu en juin et la passation de pouvoir au nouveau président en juillet, a indiqué celui-ci.

La lenteur du transfert du pouvoir au civil est au coeur des revendications des manifestants qui s'opposent depuis samedi aux forces de l'ordre sur la place Tahrir au Caire.

Les affrontements ont fait 36 morts et plus de 1.250 blessés et la contestation a gagné la ville d'Alexandrie où l'on dénombrait mardi au moins 5.000 manifestants, selon des témoins.

Au Caire, l'officier Ahmed Choumane, commandant d'armée de terre qui s'était illustré en étant le premier officier à rejoindre les manifestations anti-Moubarak, est retourné mardi parmi les contestataires place Tahrir, où il a été acclamé en héros.

La foule des manifestants réclame la chute du maréchal Tantaoui et une effigie du maréchal, qui fut pendant vingt ans ministre de la Défense de Hosni Moubarak, a été pendue à un lampadaire.

Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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