Selon la Cour des Comptes, il faut que la formation des enseignants soit plus professionnelle, notamment en ayant davantage recours à l’apprentissage. De son côté, le ministère envisage de recruter les enseignants à Bac + 3 et non plus à Bac+5.

Vers une révolution à l'école ?
Vers une révolution à l'école ? © Maxppp / Frantz Bouton

Ce serait une nouvelle révolution dans le monde de l'Education nationale ! 

Après avoir relevé le niveau des concours de l'enseignement à Bac + 5 il y a quelques années, le Ministère songe désormais à recruter à partir d'un Bac + 3 (plus précisément à "pré-recruter"). L'idée fait son chemin après la publication d'un rapport de la Cour des comptes allant dans ce sens. Le Ministère de l'Education doit en effet attirer rapidement davantage de candidats, pour un métier qui ne fait plus rêver. 

Avec ces pré-recrutements,  les étudiants de licence qui se destinent à l'enseignement pourraient déjà mettre un pied dans l'Education nationale. L'hypothèse, qui fait consensus selon le ministère, serait que ces étudiants passent un premier concours à Bac 3. Ils seraient formés et rémunérés pendant un ou deux ans, sans forcément être tout de suite mis devant une classe. Ensuite, ils valideraient définitivement le concours lors d'un oral.

Pour Jean-Michel Blanquer : 

Tous les systèmes permettant d'encourager la vocation professorale sont des bons systèmes

1'11

Jean-Michel Blanquer

Par Solenne Le Hen

Autre levier du ministre pour attirer de nouveaux candidats aux concours : une prime de 3 000 euros pour les enseignants de Réseaux d'Education Prioritaire (REP), c'est-à-dire les zones jugées les plus difficiles. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.
Les négociation s débutent dans les prochains jours avec les syndicats. Il y a urgence car la crise des vocations s'amplifie. Par exemple cette année, avant les oraux, pour les concours de professeur d'allemand et de lettres classiques, il y a moins de candidats admissibles que de postes à pourvoir. Même chose pour les concours de professeurs des écoles dans les académies de Créteil et Versailles. 

A la rentrée 2017, 573 postes ne pouvaient pas être pourvus en école maternelle et élémentaire, d'après les syndicats. Ces postes étaient pourtant ouverts aux concours, mais il n'y a pas eu suffisamment de candidats ayant le niveau. 

Le second degré est également touché par ce problème : 380 postes n'ont pas trouvé preneur en mathématiques, 150 en lettres modernes, 150 en lettres classiques, 350 en anglais et plus de 200 en allemand. 

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