Vendredi, 40 dossiers de projets agricoles pour l'avenir de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ont été déposés en préfecture. Les représentants de l'Etat comme les agriculteurs les plus ouverts au dialogue accueillent positivement ce pas en avant vers une sortie de crise.

Des manifestants sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
Des manifestants sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

La crise entre les "zadistes" de Notre-Dame-des-Landes et l'Etat va-t-elle se résoudre ? Vendredi soir, les ex-opposants à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont déposé 40 dossiers, nominatifs, de projets agricoles, concernant l'avenir de cette zone, dont l'Etat a ordonné l'évacuation. 

"Nous décidons aujourd'hui de répondre aux injonctions du gouvernement", expliquent les zadistes dans un communiqué. "Nous voulons stopper l'escalade de la tension sur la zone, et obtenir enfin le temps nécessaire au dialogue et à la construction du projet que nous défendons". Ils participeront, lundi, à une nouvelle réunion de concertation, avant la date butoir de dépôt des dossiers. 

"Il y a des projets intéressants" (Gérard Feldzer)

Les zadistes expliquent s'être pliés aux demandes du gouvernement qui exigeait des dossiers nominatifs et individuels, là où ils avaient proposé une convention collective. "Malgré le refus du gouvernement (...) nous avons souhaité aujourd'hui faire un geste très concret de dialogue pour sourtir de ce cycle infernal". Ce samedi sur France Inter, Gérard Feldzer, médiateur sur ce dossier, s'en est félicité : "Ils peuvent avoir des projets collectifs tout en se déclarant individuellement : ils ont fini par lever l'anonymat"

"Avant le 9 avril, il y avait environ 150 personnes avec des projets, qui certes n'avaient pas été déposés. Il y a un mode de fonctionnement dans la ZAD assez particulier, avec des assemblées générales presque tous les soirs, et les votes à main levée, ce n'est jamais évident. Et pour autant, il y a des projets intéressants, avec des jeunes qui reviennent à la terre", a également expliqué Gérard Feldzer ce samedi. 

"Ils ont répondu en partie à la demande et il y a maintenant un travail considérable à faire pour les services de l'Etat", a pris note la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein, précisant que sur les 40 projets déposés, 28 sont totalement "agricoles", les autres étant pour certains "culturels", "artisanaux" ou "para-agricoles"

"Aujourd'hui les choses sont claires" (Julien Durand)

"Nous avons la chance d'avoir aujourd'hui en Loire-Atlantique une préfète ouverte au dialogue, même si elle est tenace puisqu'elle est aux ordres du gouvernement", a déclaré sur Franceinfo Julien Durand, l'un des opposants historiques au projet d'aéroport, et l'un de ceux qui ont poussé en faveur du dépôt de ces dossiers dans les règles de l'art, et ont appelé au calme vendredi sur la zone. 

"Il fallait briser cette loi du silence qui est véhiculé par certains courants sur la zone. Nous ce qui nous intéresse c'est d'avoir des habitants qui ont des projets (...) Il fallait passer par une phase difficile mais aujourd'hui les choses sont claires", se félicite-t-il. 

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