Médicaments non remboursés: l'Autorité de la concurrence, favorable à la  vente hors pharmacies
Médicaments non remboursés: l'Autorité de la concurrence, favorable à la vente hors pharmacies © Thibault Lefèvre / Thibault Lefèvre

C'est un avis de l'Autorité de la concurrence qui ne concerne que les médicaments non remboursés. Cet avis n'est que consultatif et pose certaines limites notamment la présence d'un diplômé en pharmacie. Le marché pèse 2,2 milliards d'euros.

Si les pharmacies abandonnent le monopole de la vente des médicaments non remboursés, le premier impact serait la baisse des prix. En effet, dans son avis, l'Autorité de la concurrence constate un écart de prix allant de 1 à 4 selon les pharmacies et recommande pour remédier à cette situation une libéralisation "limitée et encadrée" de la vente des médicaments non remboursés, qui permettrait de faire baisser leur prix de vente de 11,4% à 16,3%. Le président de l'Autorité, Bruno Lasserre :

Nous pensons que le statu quo ne peut pas être maintenu [...]. A l'heure actuelle, le consommateur n'est pas en mesure d'arbitrer entre telle pharmacie et telle autre.

Bruno Lasserre est l'invité du journal de 13h de Patrick Boyer

L'ouverture de la vente devrait être limitée aux médicaments d'auto-médication, non remboursés par la Sécurité sociale, achetables sans ordonnance, ainsi qu'aux "produits frontières" comme les tests de grossesse et les produits d'entretien pour lentilles.

La ministre de la Santé Marisol Touraine est elle opposée à la vente des médicaments hors des pharmacies. Le reportage de Solenn Le Hen.

Une libéralisation encadrée

Il n'est pas question de permettre la vente de ces médicaments sans la présence d'un diplômé en pharmacie.

Les médicaments vendus en supermarché devraient être vendus sous le contrôle d'un professionnel et "dans des espaces dédiés et délimités, avec un encaissement distinct."

D'après l'Autorité, la fin du monopole des pharmacies sur la vente de ces produits devrait avoir un effet limité sur leurs marges, estimé entre 3,7 et 5%. Pour compenser cette perte de revenus, l'Autorité propose de renforcer le rôle des pharmaciens, en rémunérant leurs conseils sur un mode forfaitaire, ou encore en les encourageant à se lancer dans la vente de médicaments en ligne. Les commerçants pourraient également vendre de nouveaux produits para-médicaux.

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