Pour la première fois, en six semaines seulement, un traitement novateur contre le stress post-traumatique démontre son efficacité dans 70% des cas, et redonne ainsi de l'espoir aux victimes des attentats parisiens du 13 Novembre 2015.

L'hopital de la Pitié Salpêtrière à Paris développe un traitement rapide du stress post-traumatique
L'hopital de la Pitié Salpêtrière à Paris développe un traitement rapide du stress post-traumatique © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt / ANADOLU AGENCY

Cette nouvelle méthode de gestion du stress spot-traumatique concerne aujourd'hui près de 200 personnes : la séance consiste en une prise d'un médicament contre l'hypertension pour éviter le stress, puis le patient écrit tout ce qui s'est passé sans oublier bruits, odeurs, sensations. Il lit à voix haute, puis échange avec le thérapeute. Cela dure une heure pendant six semaines de suite....et c'est tout : 70% des patients ont ainsi réussi à mettre à distance l’événement et surmonter leurs angoisses.  

Rapide et sans effet secondaire

C'est un traitement beaucoup plus court que les psychothérapies et avec moins d'effets secondaires que les antidépresseurs. Beaucoup de victimes souffrent de ce stress, sans avoir franchi le pas de se faire soigner. C'est le psychiatre québécois Alain Brunet qui l'a initié auprès de victimes d'agression, et qui l'a proposé aux Français. 

Suite aux attaques du 13 novembre, 3 à 5000 personnes avaient été impactées, on craignait que les structures de soins soient débordées (...) C'était la première fois qu'on utilisait le traitement à grande échelle. En six semaines, on est capables de remettre sur pied un grand nombre de gens

Le protocole mis en place à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, existe aussi dans d'autres centres comme à Nice.  Une jeune infirmière de 22 ans, Victoria, a échoué à sauver une femme qu'elle secourait sur les lieux de l'attentat. Elle vivait avec des angoisses et un sentiment de culpabilité, sur le point d'arrêter son métier, quand elle a commencé de cette thérapie. 

Plus les séances passent, plus on prend du recul, et on arrive à lire la situation traumatisante (...) Je ne veux pas oublier cette situation, mais que, quand [je la] raconte, je me sente à l'aise. Je pense vraiment que ce protocole a changé ma vie

Beaucoup de victimes souffrent de ce stress sans avoir franchi le pas de se faire soigner. Ce protocole pourrait encore inclure 200 personnes supplémentaires. 

On estime à 70% le taux de réussite de cette thérapie.

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Le reportage de Danièle Messager 

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