Réunion à Matignon
Réunion à Matignon © MaxPPP / Christophe Petit Tesson

Le nombre de patrouilles Vigipirate va être augmenté en France pendant la période des fêtes après les trois agressions consécutives qui ont fait au total une trentaine de blessés ces derniers jours, a dit mardi le Premier ministre Manuel Valls .

La France vit dans l'inquiétude après les attaques de Joué-lès-Tours, samedi en Indre-et-Loire, de Dijon, dimanche en Côte-d'Or, et de Nantes, lundi en Loire-Atlantique.Un homme d'une quarantaine d'années armé de deux fusils à pompe et d'un couteau a en outre été arrêté mardi à l'aube à proximité du marché de Forville, à Cannes."Deux cents à trois cents militaires supplémentaires seront donc déployés dans les heures qui viennent" en plus des 780 militaires qui composent actuellement ces patrouilles, a dit le Premier ministre à l'issue d'une réunion de crise à Matignon.Le plan Vigipirate a été renforcé la semaine dernière, avec des patrouilles de police et de gendarmerie dirigées en priorité dans les "points de haute fréquentation" : zones commerciales, centres villes, gares, et réseaux de transport.Pour Manuel Valls, qui est accusé par le Front national de nier la menace du "fondamentalisme islamique", il y a unphénomène de mimétisme à l'oeuvre."Nous constatons avec les événements et les drames de Dijon et de Nantes que cela provoque des réactions mimétiques qui conduisent à ces drames", a souligné le chef du gouvernement.

Mort d'une des victimes

Seule la première attaque, samedi dernier, est clairement considérée à ce stade par les autorités comme une agression à caractère terroriste.Un homme criant "Allahou Akbar" (Dieu est grand) avait agressé à l'arme blanche trois policiers avant d'être abattu àJoué-lès-Tours. Le parquet antiterroriste a ouvert pour cette affaire une enquête pour "tentative d'assassinat et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste".Mais dans les autres cas, la piste terroriste est écartée. Un conducteur a foncé délibérément lundi soir sur un marché de Noël bondé à Nantes, faisant dix blessés, dont quatre graves, avant de s'asséner 13 coups de couteau.Une des victimes, un jeune homme de 25 ans, est décédée des suites de ses blessures a annoncé le procureur de Nantes où Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve se sont rendus mardi après-midi. Pour le premier ministre

La solidarité doit s'exprimer

Cette attaque survient moins de 24h après une agression similaire à Dijon, où un homme ayant de lourds antécédents psychiatriques a blessé 13 personnes dans le centre de la ville en percutant cinq groupes différents avec sa voiture.Le parquet a estimé lundi qu'il s'agissait là aussi de l'acte d'un déséquilibré même si l'homme a dit avoir agi enpensant aux enfants de Palestine ou de Tchéchénie, et a crié "Allahou Akbar" pour se "donner du courage".

Pas de lien, dit Valls

"Ce sont chacun dans leur singularité des événements graves et préoccupants et même s'il n'y a pas un lien entre ces événements, je comprends la préoccupation de nos concitoyens", a dit sur Europe 1 Manuel Valls.

Une thèse accréditée par le psychiâtre et criminologue Roland Coutanceaux

Mais des voix s'élèvent pour contester cette version. Invité sur RTL, le vice-président du FN, Florian Philippot aappelé le gouvernement à affronter la réalité et à ne pas minimiser la menace terroriste."Quand on voit un empressement (après) chacun de ces drames à nous dire qu'il n'y a aucun lien, à nous dire que ça n'a aucun lien avec le terrorisme, avec le fondamentalisme islamique, je trouve ça assez inquiétant", a-t-il dit."Ce qu'on attend du Premier ministre et du ministre de l'intérieur c'est qu'ils agissent, qu'ils prennent des mesurescontre les prêches radicaux (...) par rapport aux contrôles des frontières, c'est cela qu'on attend d'un gouvernement pas du blabla et de la sémantique et des appels au calme alors que tout le monde est parfaitement calme", a-t-il ajouté.

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