[scald=80937:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a condamné dimanche l'inaction de la diplomatie française et européenne sur la dérive autoritaire dont est accusé le gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orban.

La promulgation d'une nouvelle Constitution supprimant la référence à la République, instituant l'embryon en personne humaine, rognant les compétences de la Cour constitutionnelle et de divers organes indépendants, qui s'accompagne d'attaques sur les médias, a provoqué une grande manifestation dans les rues de Budapest le 2 janvier.

Sur Canal+, Dominique de Villepin, qui fut ministre des Affaires étrangères, s'est étonné de l'absence totale de réaction du Quai d'Orsay, qui se borne à renvoyer le problème à la Commission européenne, laquelle n'a pour l'instant protesté que sur les éléments économiques des réformes Orban.

L'ex-Premier ministre voit dans l'inaction au plan européen une preuve de la médiocrité des personnes actuellement à la tête des institutions de l'Union. "On a des personnalités qui sont falotes, pas capables de dire les choses".

"Nous ne pouvons pas rester insensibles à ce qui se passe en Hongrie et nous devons trouver le moyen de dire le refus qui est le notre", a lancé le candidat à l'élection présidentielle du printemps.

"C'est facile de prendre des décisions contre la Corée du Nord, mais prendre des décisions vis-à-vis de peuples qui sont en souffrance tout près de chez nous, ça demande un peu de courage. Que la diplomatie française donne le ton", a-t-il dit.

C'est la première déclaration d'une personnalité du monde politique française sur ce dossier.

Le Parti socialiste a publié un communiqué le 4 janvier où il demandait au parti de Nicolas Sarkozy -dont le père est hongrois- de "clarifier ses liens avec le Fidesz (le parti de Viktor Orban) et de ne faire preuve d'aucune faiblesse avec un parti extrémiste qui met en place un régime antidémocratique".

Le PS expliquait le silence du pouvoir français par la proximité entre l'UMP et le parti de Viktor Orban, qui siègent ensemble au Parlement européen de même qu'au Parti populaire européen, dont le vice-président est le chef du gouvernement hongrois.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Loup Fiévet

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