Le mouvement de lutte feministe ne au Canada SLUTWALK, en francais Marche des Salopes, defile dans les rues de Paris pour denonc
Le mouvement de lutte feministe ne au Canada SLUTWALK, en francais Marche des Salopes, defile dans les rues de Paris pour denonc © MaxPPP

Selon une enquête IPSOS pour l'association mémoire traumatique et victimologie, 4 Français sur 10 estiment que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime s'est montrée aguichante. Et pour deux personnes interrogées sur 10, un non veut souvent dire oui!

Pourtant, les campagnes de sensibilisation et manifestations se multiplient, mais les mentalités, elles, évoluent très lentement . Cette enquête a été réalisée en novembre et décembre via internet auprès de 1 001 personnes agées de 18 ans et plus et représentatives de la société française.

Les stéréotypes ont la vie dure aussi chez les femmes

Les réponses des femmes sont parfois aussi déconcertantes que celles des hommes : pour 65% des femmes (et 61% des hommes), les hommes ont plus de mal que les femmes à maitriser leur désir sexuel.

C'est le reflet d'une société patricarcale et sexiste. Les femmes elles-mêmes sont totalement colonisées par cette représentation catastrophique des femmes, pour Laure Salmona, coordinatrice de cette enquète, invitée de France Inter

En revanche, 96% des Français(-es) savent que le fait de forcer une personne à avoir des relations sexuelles est un viol. Mais pour 24% d'entre eux, forcer quelqu'un à faire une fellation n'est pas un viol. Ceci est inexact au regard de la loi, puisque selon le Code pénal, "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol"

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Selon l'association mémoire traumatique et victimologie à l'origine de ce sondage, cela signifie que demeure le "mythe sexiste d'une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice".

Influence du porno

Pour un tiers des jeunes (30,7% des 18-24 ans) les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle . Selon l'association, l'influence de la pornographie et son accés sur internet facilité est sans doute la cause de ces résultats catastrophiques.

Quand les enfants commencent à voir de la pornographie à 9-10 ans, ça façonne leur vision du monde et leur sexualité par la suite, pour Laure Salmona coordinatrice de cette enquète, invitée de France Inter

Méconnaissance de la réalité du viol

Pour 41% des Français, il y aurait en France entre 10 000 et 50 000 viols par an. Mais la moyenne réelle est estimée à 98 000 viols ou tentatives de viol (une écrasante majorité sur des femmes, et 14 000 sur des hommes). Selon l’association, le chiffre est même supérieur à 200 000 si l'on inclut les mineurs!

Les Français estiment que 25% des victimes portent plainte, alors qu'elles ne sont que 10% .

Les victimes en accusation

Ce sont les seuls crimes ou délits pour lesquels on soupçonne a priori la personne qui s’en déclare victime, s'inquiète la psychiatre Muriel Salmona, présidente de Mémoire traumatique et victimologie

En effet, les sondés considèrent que certaines victimes accusent à tort leur agresseur, pour se venger (32%) ou pour attirer l’attention (23%). __

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