En 2018, 149 personnes sont décédées sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-partenaire de vie. C'est le résultat de l’étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2018, établie par la Délégation aux victimes des directions générales de la police et de la gendarmerie.

Manifestation contre les fémincides à Paris le 6 juillet 2019
Manifestation contre les fémincides à Paris le 6 juillet 2019 © AFP / Samuel Boivin / NurPhoto

Un décès tous les deux jours et demi

Parmi ces victimes, on dénombre 121 femmes et 28 hommes (contre 130 femmes et 21 hommes en 2017).  Ainsi, un décès criminel survient au sein du couple tous les deux jours et demi et une femme décède sous les coups de son partenaire ou de son ex-partenaire tous les trois jours. 

C'est un peu moins que les années précédentes. Le ministère de l'Intérieur avait relevé 151 décès en 2017 et 157 en 2016. 

Evolution des féminicides en France de 2010 à 2018, en nombre de victimes
Evolution des féminicides en France de 2010 à 2018, en nombre de victimes © AFP / Vincent LEFAI, Paz PIZARRO

A domicile dans la plupart des cas

L’auteur des faits est le plus souvent un homme et dans près de sept cas sur dix il a fait usage d’une arme. Dans la majorité des cas, les hommes, comme les femmes, tuent leur compagne ou compagnon,  avec une arme blanche, une arme à feu ou par strangulation. 

Les faits sont, les plus souvent, commis au sein d’un domicile qu’il soit celui du couple ou de l’un des deux membres (83,2 % des cas). Dans une grand majorité de cas, il n'y a pas préméditation. Disputes, séparations et maladie ou vieillesse sont les principales causes de ces drames conjugaux. Sur les 149 cas de morts violentes enregistrées, 54 affaires ont été précédées de violences au sein du couple. Dans 30% des cas, l'auteur, principalement quand il s'agit d'un homme, était sous l'emprise de l'alcool.  Les hommes auteurs de féminicides sont le plus souvent âgés de 30 à 49 ans, contre 60 à 69 ans pour les femmes tuant leur conjoint ou ex-compagnon.

Les décès lors de violences dans les couples représentent 19% de l'ensemble des décès constatés lors d'homicides ou violences volontaires au cours de l'année 2018.  

La Haute-Loire et le Gers détiennent le plus fort ratio de décès par rapport au nombre d'habitants

Le plus grand nombre de cas a été constaté dans le Pas-de-Calais et dans le Nord et les Bouches-du-Rhône. Viennent ensuite l'Hérault, le Var, la Savoie, l'Oise, le Rhône et le Maine-et-Loire. Mais si l'on se fit au nombre de cas rapportés à la densité de population, le ratio est le plus fort en Haute-Loire et dans le Gers, avec plus d'un décès pour 100 000 habitants.  Viennent ensuite la Savoie, l'Aude, le Cantal et la Dordogne. 

Depuis le 27 novembre 2018, le portail de signalement des violences sexuelles et sexistes facilitent les démarches des victimes auprès de policiers et de gendarmes spécifiquement formés. Depuis sa mise en place, 3 400 échanges ont été réalisés avec des victimes et 1 000 dossiers ont été transmis pour enquête aux services de police et de gendarmerie concernés. 

La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa a annoncé dimanche la tenue d'un "Grenelle des violences conjugales" du 3 septembre au 25 novembre.  Depuis le 1er janvier, 76 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, selon le décompte du collectif "Féminicides par compagnon ou ex". 

> Consulter l'étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2018, établie par la Délégation aux victimes des directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale.

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