La plateforme a reçu plus 5 676 appels la semaine dernière, soit trois fois plus qu'à l'accoutumée. Le lancement du "Grenelle", avec la visite du président Emmanuel Macron, a permis de braquer les projecteurs sur cette ligne téléphonique dédiée aux femmes victimes de violences.

La plateforme d'écoute s'attend à un nombre d'appels important dans les prochaines semaines.
La plateforme d'écoute s'attend à un nombre d'appels important dans les prochaines semaines. © AFP / Eric Feferberg

Au 3919, le téléphone ne s’arrête plus de sonner. La plateforme d'écoute des femmes victimes de violences a reçu 5 676 appels la semaine dernière, marquée par le lancement en grande pompe du Grenelle des violences conjugales. C’est trois fois plus qu’en temps normal. Un pic a été atteint la journée de mardi, avec 1 661 appels, contre environ 250 habituellement.

Ce surcroît d’activité, provoqué par une campagne de communication tous azimuts, avait été anticipé. Quatre personnes ont été appelées pour renforcer l’équipe des 29 "écoutantes". 

"Il faudrait que ce numéro soit un réflexe"

"Même si on ne pense pas avoir de nouveau un pic comme on a eu ce mardi, on sait que le nombre d'appels va être important au moins jusqu'à la fin de l'année", explique Françoise Brié. C'est plutôt positif, il est important que ce numéro soit connu, que les femmes victimes de violences ou leurs proches s’en saisissent, pour sortir de l'isolement et du silence. Il faudrait que ce numéro soit un réflexe !" 

Créée en 1992, la plateforme d'écoute était jusqu'ici encore trop peu connue. Afin de gagner en visibilité, le numéro à dix chiffres est devenu le 3919, en 2007. Avec un nombre d'appels croissant, d'année en année. Au bout du fil : des psychologues, des éducatrices, des assistantes sociales, des conseillères conjugales, formées à l'écoute et connaissant les procédures autant que le maillage associatif.

_"Quand une femme victime de violences nous appelle, il s'agit d'abord de mettre des mots sur ce qu'elle v_it, explique Françoise Brié. Souvent, elles n'ont pas conscience de ce qu'elles vivent. On travaille sur les questions d'emprise, d'isolement, de silence. Cela nous permet de définir des stratégies prioritaires, déterminer les démarches qu'elles vont entreprendre : porter plainte, contacter une association locale, aller à l'hôpital ou éventuellement rencontrer une avocate." 

S'il n'est pas un numéro d'urgence, le 3919 reçoit parfois des appels de détresse. Emmanuel Macron en a été le témoin, mardi. Une écoutante a été contactée par une femme à qui les gendarmes refusaient de venir en aide, alors qu'elle venait de porter plainte contre son conjoint et demandait à ce qu'on la raccompagne à son domicile, où se trouvait son agresseur. 

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