Une enquête du ministère de l'Education révèle qu'en moyenne, la fréquence des incidents graves est estimée à 12,2 pour 1 000 élèves. Deux tiers des 1 330 collèges et lycées interrogés déclarent au moins un incident grave durant l'année scolaire 2018-2019 dans leurs enceintes.

Manifestation devant le collège Lamartine à Toulouse. En octobre, trois adolescents ont été mis en examen pour viol en réunion en mars sur une jeune fille de 13 ans dans une résidence attenante à l'établissement scolaire.
Manifestation devant le collège Lamartine à Toulouse. En octobre, trois adolescents ont été mis en examen pour viol en réunion en mars sur une jeune fille de 13 ans dans une résidence attenante à l'établissement scolaire. © AFP / PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

L'enquête Sivis (Système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire) publiée par le ministère de l'Education Nationale, révèle que un établissement sur trois ne déclare aucun incident grave sur l'année scolaire 2018-2019. Il y en a donc dans les deux tiers des établissements. En moyenne, la fréquence des incidents graves est estimée à 12,2 pour 1 000 élèves. 

L'un des cas les plus marquants récemment, c’est celui des deux adolescents blessés à coups de couteaux devant un lycée de Saint-Denis. Il montre que l'environnement autour des lycées et collèges est beaucoup plus violent qu'à l'intérieur. Florence Rosewald, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), souligne que les enquêtes menées auprès des élèves, concernant les agressions qu'ils subissent d'une manière générale, montrent que "les établissements scolaires restent pour eux des havres de paix", au regard de ce qui se passe autour. 

Un établissement sur cinq déclare 10 incidents graves au moins. Le degré d’exposition à la violence diffère suivant les établissements, leur type ou leur profil social. C'est en zone urbaine, dans les quartiers les plus défavorisés, que l'on observe le plus grand nombre de violences. 

Environ 9 incidents graves sur 10 sont commis par des élèves, très majoritairement des garçons. Entre élèves, les victimes sont souvent du même sexe que les auteurs (plus de 7 fois sur 10). Les violences physiques sont surreprésentées pour les faits graves impliquant uniquement des garçons. Entre filles, il s'agit le plus souvent de cas de harcèlement.

Par ailleurs, près d’un incident grave sur 2, commis par un garçon envers une fille, est motivé par des raisons sexistes ; les violences entre filles s’exercent plus souvent dans le cadre d’un harcèlement. Enfin, les violences entre collégiens ou lycéens impliquent des élèves d’âge différent dans 1 cas sur 3.

Les auteurs de 100 incidents graves sont majoritairement des garçons

La répartition des cas d'incidents graves, y compris quand ils sont commis par les adultes de la famille
La répartition des cas d'incidents graves, y compris quand ils sont commis par les adultes de la famille / SIVIS

Pour 100 incidents déclarés par les chefs d’établissement du second degré, 74 sont commis par des garçons (dont 6 par un groupe de garçons), 17 par des filles, 6 par des adultes extérieurs à l’établissement et 3 par des adultes internes à l’établissement.  

L'étude montre que les violences verbales constituent la plus grande part des incidents. Ces violences verbales représentent 42 % des incidents graves. Toute agression verbale contre un personnel de l'établissement scolaire est répertoriée comme incident grave. 

Pour Florence Rosenwald, "il n'y a pas d'évolution importante, les chiffres sont à peu près stables ces dernières années". 

La laïcité est rarement un sujet de conflit grave

Désormais l’enquête Sivis permet de repérer les incidents relevant d’atteintes à la laïcité : refus ou contestation d’enseignement, port de signes ou de vêtements ostentatoires, actes de prosélytisme. Ces incidents représentent 1 % de l’ensemble des faits graves déclarés par les chefs d’établissement. Très peu fréquents en lycée professionnel et en collège, ils le sont davantage en lycée d'enseignement général et technologique : leur poids dans l’ensemble des incidents graves y est de 2,5 %. 

Les atteintes à la laïcité sont très majoritairement commises par des élèves. Les filles en sont auteures dans près de 4 cas sur 10, les garçons dans plus de 6 cas sur 10. De plus, 74 % des atteintes à la laïcité sont commises envers la collectivité. Par ailleurs, un sur dix est le fait d’un enseignant et 4 % de familles d’élèves.

L'enquête Sivis a été menée auprès de 1 330 établissements du second degré (soit 12,5 % du total).

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