L'humoriste a publié jeudi matin sur les réseaux sociaux une "tribune" où il incite à "vivre, quitte à mourir", à ne plus porter le masque et à contredire les "lâches directives gouvernementales." Un message qui ne passe pas, condamné notamment par le ministre de la Santé.

L'humoriste est très critiqué sur les réseaux sociaux.
L'humoriste est très critiqué sur les réseaux sociaux. © AFP / Tiziana FABI

"C'est peut-être un exutoire personnel". Voilà comment le ministre de la Santé, Olivier Véran, réagit après la publication tôt ce jeudi d'un texte par l'humoriste Nicolas Bedos sur ses comptes Instagram et Twitter. Un message aux airs de tribune où ce dernier incite à vivre "à fond", à ne plus porter le masque et à négliger les gestes de distanciation sociale. "Tombez malade, allez aux restaurants, engueulez les flicaillons", exhorte Nicolas Bedos dans sa tirade. "Embrassons-nous, crevons, ayons de la fièvre, toussons, récupérons". "Nous devons désormais vivre, quitte à mourrir" (sic)", lâche aussi le réalisateur de "La belle époque" et du futur "OSS 117".

Une "phrase à l'emporte-pièce comme on en fait sur un blog"

Une "tribune" qui entraîne depuis ce matin une vague de consternation et d'indignation sur les réseaux sociaux. Y compris donc celle du ministre de la Santé, Olivier Véran, interrogé ce jeudi sur la sortie de l'humoriste lors de la Commission d'enquête sur le Covid-19 au Sénat. La séquence a été isolée par le journaliste de Quotidien Paul Larrouturou : 

"Vivre quitte à en mourir est une phrase à l’emporte-pièce comme on en fait sur un blog, sur un compte Instagram. C’est un effet de tribune, c’est peut-être un exutoire personnel. Je pense que dans cette période on doit être extrêmement attentif, surtout quand on a beaucoup d’écoute autour de soi, à notre façon de nous exprimer et aux messages que nous véhiculons", répond Olivier Véran à la suite du message de Nicolas Bedos, suivi par plus de de 250.000 personnes sur Twitter.

Le ministre poursuit : "Une société qui déciderait de faire l'impasse sur ses vieux, une société qui déciderait de faire l’impasse sur ses fragiles et précaires, de faire l'impasse sur les morts évitables, ce n'est pas une société dans laquelle j’ai été éduqué, et dans laquelle j’ai envie d’éduquer mes enfants."

"Dispo pour venir nous donner un petit coup de main ?"

Autre réaction ulcérée très partagée sur Twitter, celle de Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive réanimation à l'hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine-Saint-Denis : "Est-ce que du coup vous seriez dispo pour venir nous donner un petit coup de main pour remplir les listes de garde en réanimation car nous allons dans les prochains jours être être contraints à doubler nos effectifs la nuit. Moi aussi je souhaite 'vivre à fond'."

Si des internautes saluent cette position "rebelle" de Nicolas Bedos, d'autres fustigent ses propos, qu'ils jugent irresponsables, comme cette femme diabétique dont la réaction a été très relayée : "En tant que dialysée, je n'ai pas le luxe de la liberté, seulement celui du courage de vivre aux dépens d'une machine et d'un système de santé que vous voulez tuer par votre besoin de liberté chérie", dénonce-t-elle. Une autre internaute, malade elle aussi, déplore la saillie de l'humoriste : "Je suis immunodépressive et je vais continuer de porter un masque. [...] Vous n’êtes ni médecin, ni gourou. Exaltez vous, ne prêchez pas s’il vous plait. Vivre, oui, et ensemble."

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