Depuis un mois qu'ils manifestent, les "gilets jaunes" ont obtenu plusieurs succès de la part du gouvernement, des banques ou de grandes entreprises. Revue de détails.

Les "gilets jaunes" restent partagés sur les suites à donner à leur mouvement
Les "gilets jaunes" restent partagés sur les suites à donner à leur mouvement © Maxppp / SPEICH Frederic

Les frais bancaires limités pour les particuliers "les plus fragiles"

C'est la dernière victoire en date des gilets jaunes. Réunis à l'Élysée par Emmanuel Macron pour apporter leur réponse à la crise des "gilets jaunes", les patrons des plus grandes banques françaises se sont engagés mardi à geler les frais bancaires en 2019 et à plafonner ceux liés aux incidents bancaires, un geste qui pourrait permettre un gain de 500 à 600 millions de pouvoir d'achat. L'ensemble des banques françaises ont promis de plafonner les frais d'incidents bancaires à 25 euros mensuels pour "les populations les plus fragiles", soit "3,6 millions de personnes", selon une estimation de la Banque de France citée dans le communiqué d'annonce de la présidence.  

100 euros de plus par mois dès 2019 pour un travailleur au Smic

C'est la principale annonce faite par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée lundi soir. 

Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019, sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur. 

Ce n'est pas le salaire minimum lui-même qui sera revalorisé. En fait, il est prévu que le Smic augmente de 1,8% au 1er janvier, ce qui fait environ 20 euros. 

A cela,  le gouvernement va rajouter la hausse de la prime d'activité et un abaissement des cotisations sociales, prévues au départ sur l'ensemble du quinquennat. La mesure sera donc accélérée. Les salariés au Smic gagneront donc chaque mois, à partir de janvier, 20 euros (déjà prévu) + 80 euros = 100 euros

Suppression de la hausse de la CSG pour les retraites de moins de 2 000 euros

Pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros, la hausse de la CSG subie en 2018 est annulée pour 2019 a déclaré Emmanuel Macron, estimant : 

L'effort demandé aux petites retraites était trop important et pas juste.

Les heures supplémentaires défiscalisées

Lors de son allocution télévisée lundi soir, le chef de l'État a confirmé son souhait, exprimé pendant la campagne présidentielle, de réinstaurer cette défiscalisation des heures supplémentaires mises en place par Nicolas Sarkozy et supprimée par François Hollande.

Les heures supplémentaires seront versées sans impôts et sans charges dès 2019.

Une prime de fin d'année défiscalisée

Édouard Philippe avait annoncé le 5 décembre que les entreprises mettant en place une prime de fin d'année d'au moins 1 000 euros pour leurs salariés pourraient la défiscaliser. Un principe basé sur le volontariat du patronat.

Les patrons de plusieurs grandes entreprises ont depuis été réunis également à l'Élysée autour du président, du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Orange, Publicis, Altice, Iliad et LVMH se sont engagés. Le groupe Total de son coté va verser une prime exceptionnelle de 1 500 euros à tous ses salariés en France et proposer une augmentation de 3,1 % aux organisations syndicales, a annoncé son PDG Patrick Pouyanné mercredi. 

Suppression de la hausse de la fiscalité sur les carburants

C'est de cette "taxe carbone" qu'est partie la grogne des "gilets jaunes". Edouard Philippe a d'abord annoncé le report de six mois de la taxe carbone destinée à financer la transition écologique. Elle devait être introduite au 1er janvier 2019. Finalement, la taxe est annulée."La hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le Projet de Loi de Finances 2019. Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", a indiqué Edouard Philippe,

Suppression du durcissement des règles du contrôle technique

Les conditions du contrôle technique automobile devaient devenir plus restrictives dès 2019. Le gouvernement s'est engagé à reporter cette mesure. 

Gel des tarifs de gaz et d'électricité 

Cette mesure du gel des prix de l'énergie a été décidé le même jour par Edouard Philippe. 

La prime à la casse    

Cette prime à la casse devrait être accordée cette année à près de 280 000 Français qui remplacent leurs vieux véhicules polluants par des voitures (neuves ou d'occasion) moins émettrices de CO2. Devant le succès de cette prime, Édouard Philippe a annoncé une prolongation du dispositif qui devait se terminer fin 2019. Le seuil du nombre de voitures concernées a été relevé de 500 000 à 1 million sur le quinquennat. Les automobilistes peuvent toucher 1 000 euros (ou 2 000 euros pour les non-imposables) s'ils se débarrassent d'un véhicule essence datant d'avant 1997 ou diesel d'avant 2001. En échange, ils doivent acheter une voiture diesel construite après 2011 ou un véhicule essence ou électrique portant la vignette Crit'Air 1 ou 2. La prime est augmentée et passe à 2 500 euros si l'automobiliste achète un véhicule électrique neuf ou hybride neuf. Les ménages non-imposables bénéficient des  2 500 euros également pour l'achat de véhicules électriques ou hybrides d'occasion.

Le chèque-énergie

C'est l'une des premières mesures dégainées par le gouvernement pour tenter de calmer les "gilets jaunes". Le chèque énergie est le dispositif qui remplace les tarifs sociaux du gaz et de l'électricité. Le gouvernement avait déjà prévu pour 2019 une hausse de son montant de 150 euros en moyenne à 200 euros. Edouard Philippe a annoncé un élargissement du périmètre de ce dispositif : deux millions de ménages supplémentaires pourront le percevoir (60 euros en moyenne).

Hausse de l'indemnité kilométrique pour les "gros rouleurs"

Le gouvernement a décidé de revoir le dispositif de l'indemnité kilométrique pour les "gros rouleurs" qui  permet aux salariés et aux indépendants du transport de déduire leurs frais de leurs revenus imposables. Les véhicules les moins polluants devaient être avantagés. Finalement, le gouvernement a décidé de favoriser les petites cylindrées : la déduction va augmenter de 10 % pour les véhicules de 3 CV (Smart etc.) et de 5 % pour les 4 CV (Fiat 500, etc.).

Prime transport 

Edouard Philippe a évoqué cette prime le 5 décembre à l'Assemblée mais n'en a plus reparlé depuis. Cette prime était censé être versée aux salariés utilisant leur voiture pour aller travailler. Sur le principe, il s'agirait d'une prime transport versée là aussi par les entreprises, défiscalisée elle aussi. 

Annulation des pénalités si paiement des impôts par chèque

Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait annoncé auparavant la suppression des pénalités de 15 euros minimum en cas de paiement des impôts par chèque. Lorsqu’un contribuable ne paye pas ses impôts par un moyen prévu par la loi (par exemple un paiement par chèque pour un montant supérieur à 1 000 euros), il est prévu, en application d'une disposition adoptée dans la loi de finances pour 2016, qu’il reçoive une lettre de relance comportant une pénalité de 0,2 % avec un minimum de 15 euros, rappelle le communiqué. Le ministre a demandé à l’administration fiscale de ne pas poursuivre les contribuables récemment concernés, à l’occasion du paiement de la taxe foncière. Ils n’auront pas à payer cette pénalité qui sera remise sans démarche de leur part.

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