"Apparition", "transmission", "vaccin" : dans Google, nous avons tapé "coronavirus" et observé les mots-clés associés les plus recherchés ces dernières heures et nous avons répondu à ces questions récurrentes autour du Covid-19.

Voici les expressions les plus demandées sur Google avec le mot clé coronavirus.
Voici les expressions les plus demandées sur Google avec le mot clé coronavirus. © Radio France / Xavier Demagny

Avouons qu'on a tous cherché à savoir. Comment il se transmet, d'où il vient, comment se protéger etc. Ces dernières heures, nous avons donc relevé les requêtes liées au Coronavirus les plus fréquentes sur Google. 

Selon les suggestions de Google, quand on tape la formule "Comment le coronavirus..." ou "Le coronavirus..." sans remplir la fin de la phrase, les questions les plus récurrentes sont liées à l'apparition du virus ("Comment le coronavirus existe", "comment est-il apparu", "comment est-il crée") et à sa dangerosité ("est-il dangereux", "est-il mortel"). D'autres requêtes sont liées au foyer italien ou aux recherches sur un vaccin. Une question manifestement populaire fait clairement appel à des théories complotistes ("Le coronavirus a-t-il été crée par l'homme ?").

>> À ÉCOUTER : "Que disent nos peurs face au Coronavirus ?" dans le Téléphone Sonne

Si l'on regarde aussi dans Google Trends les termes associés au mot coronavirus dans les recherches Google en France depuis janvier, il apparaît que d'autres questions sont liées aux symptômes ou à l'apparition du coronavirus en France. En nous appuyant sur les avis d'experts, voici nos réponses aux neuf questions les plus posées sur Google.

Les requêtes les plus fréquemment associées au terme coronavirus en France, depuis le 1er janvier, concernent la France, la Chine et les symptômes
Les requêtes les plus fréquemment associées au terme coronavirus en France, depuis le 1er janvier, concernent la France, la Chine et les symptômes / Capture écran

Comment le coronavirus est-il apparu ?

Les premières dépêches de l'AFP concernant le coronavirus remontent au 8 janvier 2020. Le site de l'Institut Pasteur date la découverte de ce nouveau coronavirus au 9 janvier. Elles évoquent une soixantaine de personnes affectées par "une pneumonie d'origine inconnue". 

Cette nouvelle forme de coronavirus, famille comptant un grand nombre de virus, est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu'il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l'homme.

Des chercheurs chinois ont affirmé que cet animal intermédiaire pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d'extinction. La communauté scientifique internationale a jugé cette hypothèse plausible, en ajoutant toutefois qu'elle devait être vérifiée.

Quels sont les symptômes du coronavirus ?

Les symptômes les plus fréquents sont la toux, la fièvre, des douleurs musculaires, des difficultés respiratoires, plus rarement des diarrhées fébriles et des nausées. "Dans les cas les plus graves, l'infection peut entraîner une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort", précise l'OMS. On parle aussi de cas peu ou pas symptomatiques : on a le virus, mais pas de signes apparents. Ces profils-là sont difficiles à repérer, et c'est un problème, car des personnes infectées peuvent ainsi circuler et transmettre le virus sans qu'on les ait identifiées. 

Le coronavirus est-il dangereux ? 

D'après les données du Centre chinois de contrôle des maladies, qui a publié les caractéristiques épidémiologiques d'un grand nombre de malades, on estime que 80 % des cas sont sans gravité, 15 % sont dits sévères, et 5 % sont jugés graves et nécessitent une réanimation en soins intensifs. Selon les derniers chiffres de l'OMS, 2.700 décès ont été recensés sur 80.239 cas confirmés dans le monde, l'essentiel concernant la Chine (2.666 sur 77.780). Cela donne un taux de mortalité un peu supérieur à 3%

Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié la semaine passée une étude portant sur 72.314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale, constatés en date du 11 février.  Il s'agit de la plus importante menée depuis le début de l'épidémie. Selon ses résultats, la maladie est bénigne dans 80,9% des cas, "grave" dans 13,8% des cas et "critique" dans 4,7% des cas.

Le taux de létalité augmente avec l'âge et les plus de 80 ans sont les plus à risque, avec une mortalité de 14,8%. Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d'hypertension.  Les estimations globales de taux de mortalité doivent toutefois être prises avec prudence car on ignore combien de personnes sont réellement infectées.  

En outre, la dangerosité d'une maladie ne dépend pas seulement du taux de mortalité, mais aussi de sa faculté à se répandre plus ou moins largement.  "Même si seuls 3% des cas décèdent, ça peut faire des chiffres importants si 30% ou 60% d'une population sont infectés", souligne le Dr Simon Cauchemez, de l'Institut Pasteur à Paris.

Comment le coronavirus se transmet ?

Il n'y a pas de certitude absolue mais le virus se transmet, a priori, par expectorations (toux, postillons) et des particules dans l'air à moins d'un mètre. Concrètement, la transmission par voie respiratoire se fait dans les gouttelettes de salive expulsées par le malade, par exemple quand il tousse. Le directeur général de la santé Jérôme Salomon indique régulièrement qu'il faut un contact relativement long avec la personne contaminée pour que le virus se transmette.

Par exemple, un contact fugace dans un magasin ne suffit pas, d'après lui, à attraper le virus. Le temps d'incubation maximum est estimé à 14 jours, mais ça peut être plus court. En revanche, "les gens sont contagieux dès le début des symptômes, voire un peu avant", précisait au Monde l'épidémiologiste Arnaud Fontanet.

Pour se prémunir d'une contamination, les autorités sanitaires insistent sur l'importance des mesures-barrières: se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir jetable, porter un masque si on est malade...

Comment se protéger du coronavirus ?

Toute personne qui revient d'une zone à risque doit prendre des précautions particulières. Pendant 15 jours, elle doit surveiller sa température, éviter les sorties non indispensables, porter un masque si elle voit du monde, se laver les mains très régulièrement, et éviter de fréquenter des personnes fragiles (personnes âgées, immunodéprimées, femmes enceintes...).

D'une manière générale, le lavage des mains est recommandé à tous. C'est ce qu'on appelle une "mesure barrière" : pour éviter de transmettre le coronavirus et les virus en général, il est conseillé de tousser dans le creux de son coude, de jeter ses mouchoirs après leur usage, et de se laver les mains régulièrement

Le port du masque n'est pas conseillé si l’on ne revient pas d'une zone à risque. La question de tous porter des masques se posera sans doute si une épidémie est déclarée en France, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.

Comment le virus est-il arrivé en Italie ? 

Qui est celui ou celle par qui le virus est entré en Italie ? C'est précisément l'énigme à élucider. Connaître le "patient zéro" est un travail indispensable pour révéler les éventuelles contagions. On peut tracer son parcours et tenter ainsi d'identifier tous ses contacts, les confiner, ce qui permet de tenter de "contenir" le virus. 

Le problème pour les autorités transalpines est qu'elles ne trouvent pas ce fameux patient zéro. On a cru l'avoir trouvé quand le "patient 1" en Lombardie, un homme de 38 ans, a dit avoir dîné avec un ami qui revenait de Chine. Mais cet ami a passé des tests qui ont montré qu'il n'avait pas développé d'anticorps, ce qui veut dire qu'il n'a jamais été en contact avec le virus. Cette piste a donc due être écartée, et le mystère, pour l'instant, demeure.

Le coronavirus a-t-il été crée par l’homme ?

Des États-Unis à l'Inde en passant (évidemment) aussi par la France, une rumeur selon laquelle le coronavirus aurait été créé par l'homme a été très relayée ces dernières semaines sur internet. Cette thèse conspirationniste consistait à expliquer que le virus avait été élaboré en laboratoire. Cette affirmation était soutenue par des brevets, censés le prouver.

Si ces brevets existent bien, ils attestent de la découverte du virus et de l'isolement d'une des souches (il en existe plusieurs) mais pas de sa conception. Cela permet aux scientifiques "de se mettre en quête d'un vaccin", comme l'explique Le Monde dans sa rubrique Désintox.

Y-a-t-il un vaccin contre le coronavirus ?

Justement, pas encore de vaccin (pour l'instant). Mais la course est lancée : partout dans le monde, des laboratoires travaillent à en trouver. Chacun sa méthode, des sociétés de biotechnologie développent chacune leurs techniques. En France, l'Institut Pasteur travaille sur le vaccin contre la rougeole, qu'il est en train d'adapter pour en faire un vaccin efficace contre le Covid-19.

Les équipes avancent, mais toutes le disent : il ne faut pas s'attendre à un vaccin dans les prochaines semaines, il va falloir des mois pour en trouver un. Car il ne suffit pas de trouver la méthode, il faut ensuite valider la recherche avec des essais sur les animaux, puis sur les hommes. Tout cela prend des mois, et sans garantie que ça marche. 

Il y a quelques semaines, l'Institut Pasteur a prévenu que le vaccin, si on le trouve, ne sera pas disponible avant l'automne 2021. D'ici là, l'épidémie sera sans doute derrière nous.  

Comme il n'existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge consiste à traiter les symptômes. Certains patients se voient malgré tout administrer des antiviraux ou d'autres traitements expérimentaux, dont l'efficacité est en cours d'évaluation.

"Coronavirus"   "France" ?

Ces derniers jours, évidemment, les recherches associant la France sont de plus en plus nombreuses. À l'heure où nous mettons à jour cet article, 33 personnes atteintes du coronavirus sont décédées en France, sur les 1784 cas d'infection avérés dans le pays. En France, dans les premiers jours de l'épidémie, plus de 350 personnes ont été placées en quarantaine après avoir été rapatriées de Wuhan en plusieurs vagues.

De nombreuses restrictions ont été annoncées, avec notamment l'interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes (à l'exception des manifestations, des concours et les transports en commun). Mercredi, le gouvernement a suspendu les visites dans les Ehpad. Si l'épidémie passe au stade 3, les restrictions seront d'autant plus importantes, et la médecine de ville devra prendre le relais sur les hôpitaux, dans les cas les moins graves. 

Mercredi 26 février, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a réclamé sur France Inter la fermeture des frontières pour les personnes en provenance des zones contaminées, estimant que "ceux qui viennent des foyers, comme la Lombardie, ne peuvent pas venir en France pendant un certain temps, jusqu’à ce que l’épidémie soit jugulée".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.