La voiture de police a été incendiée près du canal Saint-Martin, à Paris
La voiture de police a été incendiée près du canal Saint-Martin, à Paris © Reuters / Charles Platiau

Bernard Cazeneuve dénonce une "violence extrême" après l'attaque et l'incendie d'une voiture de police, mercredi, en marge d'une manifestation près du canal Saint-Martin. Le ministre de l'Intérieur promet de nouvelles interpellations.

La violence contre les forces de l'ordre a encore grimpé d'un cran. Alors que les policiers manifestaient ce mercredi, justement contre les actes "anti-flic", à l'appel du syndicat Alliance, une voiture de police a été violemment attaquée par des individus masqués.Quatre individus âgés de 19 à 21 ans ont été interpellés dans la soirée, parmi lesquels au moins un casseur précédemment interdit de manifester. L'arrêté pris par le préfet avait toutefois été cassé par le tribunal administratif. Une cinquième personne a été placée en garde à vue dans la matinée.

"Sanctions implacables"

Après s'être rendu au chevet de l'un des policiers blessés, le ministre de l'Intérieur a dénoncé une "violence extrême" et des actions de la part de certains individus relevant de la "barbarie". De son côté, le premier ministre Manuel Valls a promis des "sanctions implacables, contre ceux qui veulent se payer un flic ".

►►►VIDEO - L'incendie de la voiture de police (à partir de 03:20)

Les forces de l'ordre s'étaient réunies place de la République mercredi midi, précisément pour le symbole : à l’endroit même où le mouvement Nuit Debout se poursuit chaque nuit depuis sa naissance au mois de mars. Les policiers voulaient ainsi dénoncer un sentiment "anti-flic" croissant, palpable, selon eux, tout au long des dernières manifestations contre la loi travail.

Dans le même temps, la préfecture de police de Paris avait interdit mercredi matin la tenue, entre 9h et 15h00, d’une contre-manifestation du collectif "Urgence, notre police assassine" , prévue peu avant le rassemblement des policiers, et au même endroit, place de la République. Un collectif que la préfecture décrit, dans un communiqué, comme composé d’un " noyau dur appartenant à la mouvance contestataire radicale, violente et extrémiste ".

►►►ÉCOUTER : Grégory Barot délégué du syndicat "Alliance", invité du 13h de France Inter

Une voiture de police en feu

Malgré cette interdiction de rassemblement pour les opposants aux violences policières, près de 300 contre-manifestants ont investi, eux aussi, la place de la République , aux cris de "Flics, porcs, assassins " ou "tout le monde déteste la police ", avant d'être repoussées à l'aide de gaz lacrymogènes.

C'est à ce moment là qu'une voiture de police a été prise à partie vers 13h, quai de Valmy, par une foule de manifestants. Le véhicule a pris feu à cause d'un jet de cocktail molotov dans la lunette arrière. Ses deux occupants, légèrement blessés, souffrent de contusions.

Le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire.

Manifestations en province

Des appels à manifester devant les commissariats ont aussi été entendus par des policiers de province, à Nantes, Rennes ou Périgueux.

►►►ÉCOUTER : A Nantes, le reportage de Géraldine Hallot "Où sont ceux qui nous remerciaient après les attentats?"

Un sondage Odoxa pour Le Parisien, publié ce mercredi, fait pourtant état d’une bonne image des forces de l’ordre auprès du grand public : 82% des français y disent avoir une bonne opinion de la police .

L’autre mot d’ordre de cette manifestation inédite, c’est aussi d’obtenir, pour les agents de police, le soutien du gouvernement sur le terrain de chaque cortège et plus précisément dans la lutte contre les casseurs , en réclamant des mesures de sécurité renforcées. Selon les autorités,plus de 350 membres des forces de l’ordre ont été blessés dans des affrontements depuis le début des manifestations contre la loi travail.

►►►ÉCOUTER : place de la République, le reportage d'Emmanuelle Leclère

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