Le véhicule électrique pourrait bien finir par être accessible à tous. A condition que l'on durcisse les normes antipollution des modèles thermiques, notamment.

 Citroën C-Zero à Berlin, novembre 2016. Photo:
Citroën C-Zero à Berlin, novembre 2016. Photo: © AFP / Sebastian Gollnow / DPA

Une voiture moins gourmande en carburant, c'est tout bénéfice pour l'automobiliste et, surtout, cela va rendre le véhicules électriques beaucoup plus attractifs.

C'est le plaidoyer publié aujourd'hui par le BEUC (Bureau européens des unions de consommateurs) la fédération d'associations qui défendent les intérêts des consommateurs européens à Bruxelles.

Dès 2024, le prix d'achat et d'entretien des voitures électriques pourrait converger avec celui des voitures essence et diesel. Il atteindrait environ 26.500 euros pour quatre ans d'utilisation, de quoi rendre la voiture propre beaucoup plus abordable.

Monique Goyens, directrice générale du BEUC, estime que "quelle que soit leur voiture, les consommateurs devraient pouvoir épargner beaucoup grâce aux technologies économes en carburant. Comparé à 2015, faire le plein d’un véhicule neuf à moteur essence ou diesel acheté en 2025 pourrait faire économiser aux propriétaires en moyenne 6 500€ sur toute la durée de vie du véhicule".

Les véhicules électriques ne devraient plus être un privilège réservé à certains mais devenir accessibles à tous dans les années 2020.

En effet, poursuit la directrice générale du BEUC, "aujourd’hui, les voitures consomment bien plus que ce que prétendent leurs fabricants. Il est grand temps que les véhicules permettent à leurs propriétaires d’économiser de l’argent, pas d’en gaspiller. Cependant, le changement ne va pas s’opérer tout seul. Les décideurs politiques doivent assurer le déploiement des technologies nécessaires. Par ailleurs, plus de voitures électriques en circulation nécessitent plus de points de chargement. Les consommateurs ont besoin d’être rassurés que recharger leur voiture sera facile et accessible, que ce soit chez eux, sur leur lieu de travail, ou sur la route."

Est-ce vraiment possible ?

C'est la conclusion d'une étude menée par le BEUC. Mais il y a une condition énorme : il faut que l'Europe durcisse les normes d'émissions de CO2 sur les voitures. Elle a fixé un seuil à 95 gramme par km en 2020. Selon le BEUC, il faudrait presque diminuer cet objectif de moitié et instaurer un seuil de 70 gramme par km en 2025 et 45 grammes en 2030.

En 2017, la Commission européenne doit justement se prononcer sur de nouvelles normes CO2 pour les voitures.

C'est un enjeu crucial pour le climat car les transports représentent près du quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) en Europe. Il va falloir mettre le turbo : l'Europe s'est fixé comme objectif de réduire de 60% ses émissions de GES dans le domaine des transports d'ici 2050 par rapport à 1990.

Un bénéfice global

C'est une belle perspective que de se dire que les prix des véhicules électriques pourraient baisser à l'achat prochainement. Pour y arriver, ce serait un véritable tour de force. Mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle puisque le BEUC estime que quel que soit le niveau de prix de l'énergie à l'avenir, tous les automobilistes tireront des bénéfices de véhicules à plus faible consommation et donc de besoins énergétiques réduits.

Etude menée par le Bureau Européen des Consommateurs, BEUC
Etude menée par le Bureau Européen des Consommateurs, BEUC © BEUC
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