À partir du mois prochain, les 40 000 salariés de Volvo auront droit à un congé parental de 24 semaines. De plus en plus d'entreprises proposent aux jeunes parents des congés largement supérieurs au minimum légal en France.

L'allongement du congé paternité est l'un des leviers de l'égalité entre les femmes et les hommes
L'allongement du congé paternité est l'un des leviers de l'égalité entre les femmes et les hommes © Getty / Catherine Delahaye

S'afficher en défenseur de l'égalité femmes-hommes... et s'offrir au passage un joli coup de pub. Volvo Cars a décidé de proposer, à compter du 1er avril, un congé parental de six mois, payé à 80%, à ses 40 000 salariés à travers le monde. Ceux-ci pourront le répartir comme ils le souhaitent sur les trois années qui suivent la naissance de l'enfant. Seule condition : avoir au moins un an d'ancienneté au sein du groupe automobile suédois.

Inspiration suédoise

Volvo s'inspire en fait de la législation suédoise. Premier pays à avoir instauré le congé paternité (en 1974, soit... 28 ans avant la France), la Suède accorde aux parents 480 jours de congés, payés à 80%. Chacun des membres du couple doit prendre au moins 60 jours, et le reste est réparti entre les deux comme bon leur semble. 

Une législation bien plus généreuse qu'en France, malgré l'allongement du congé paternité voté à l'automne : celui-ci passera ainsi de 14 à 28 jours à partir du 1er juillet, dont 7 jours obligatoires. Une façon de rattraper le retard pris sur ses voisins européens. Depuis sa création en 2002, le congé paternité n'avait jamais été allongé. 

Quand les entreprises prennent les devants

Mais certaines entreprises n'ont pas attendu l'évolution de la loi hexagonale pour proposer à leurs salariés des conditions bien plus favorables, avec des annonces virant parfois à la surenchère. En 2015, Netflix avait ainsi annoncé pour tous ses salariés des congé paternité et maternité "illimités", ceux-ci ne devant toutefois pas dépasser une année. Parmi les offres les plus généreuses, on peut citer celle de Spotify (24 semaines de congé paternité), Facebook (17 semaines), Novartis (16 semaines) ou encore Kering (14 semaines).

Levier de l'égalité femmes-hommes

Derrière ces largesses, la conscience de pouvoir agir sur un levier important contre les inégalités entre les femmes et les hommes. Car c'est souvent à la naissance d'un enfant que se met en place une nouvelle répartition des tâches, qui s'ancre ensuite dans les habitudes, même après la fin du congé maternité. 

Pour autant, le geste de ces entreprises n'est pas désintéressé, loin s'en faut. Dans des milieux très concurrentiels comme celui de la tech, l'enjeu est d'attirer (et conserver) les talents, et ce type d'avantage peut peser dans la balance.

Reste à convaincre les hommes de prendre les congés auxquels ils ont droit. Dans l'exemple de l'assureur Aviva, cité par Europe 1, pour environ 90 naissances en deux ans, seuls 55 salariés ont utilisé les 10 semaines de congés payés qui leur étaient proposées.