Le sort de 54 enfants congolais, adoptés par des familles françaises, reste en suspens

Un orphelinat congolais, à Bunia, dans le nord-est du pays.
Un orphelinat congolais, à Bunia, dans le nord-est du pays. © AFP / Lionel Healing

Une cinquantaine d'enfants congolais sont bloqués à Kinshasa. D’abord retenus avec 300 autres enfants par le gouvernement de la RDC, pendant deux ans, pour cause de soupçons de maltraitance, ils sont désormais les derniers empêchés d'entrer en France. La raison invoquée par le ministère des Affaires étrangères : des "irrégularités" dans les dossiers. Les familles qui les ont adoptés et les attendent depuis des années sont dévastées.

Pour Anne, Nicolas et leur petite fille de cinq ans Lucie, déja plus de trois ans de combat et toujours pas d'issue en vue. Un jugement d'adoption validé par le Congo, des lettres, des photos, des vidéos échangées, en attendant la délivrance du visa.

Le couperet est tombé il y a quelques jours : Lucie ne peut pas vivre en France. Nicolas accuse le coup : "C’est difficile à avaler ! L’administration française dit ‘non, non, ce ne sont pas vos enfants parce qu’il n’y a pas de visa’ . Mais je suis désolé, en droit international on est les parents de cette petite fille. Il y a 50 enfants en fait dans la même situation. Ce n’est pas acceptable ! Que vont-ils devenir ? On est les parents et on ira jusqu’au bout, on abandonne plus nos enfants !"

Ils vont donc introduire un recours devant la commission contre les décisions de refus de visa, puis le tribunal administratif, des mois de procédure et peut-être au bout une impasse.

Céline Boyard est l'avocate de plusieurs familles concernées : "Quel va être le devenir juridique de ces enfants qui sont adoptés, qui sont des enfants de français. Si ça devait être définitivement bloqué, la France il faut qu’elle voie avec ses homologues congolais pour que l’état civil de ces enfants soit rectifié, c’est la responsabilité de la France vis-à-vis de ces enfants On est tous responsables".

La France a accordé entre 200 et 250 visas depuis le début de l'année. Concernant les refus actuel, le ministère des Affaires étrangère évoque une décision difficile mais impérative, "en raison de l’insuffisance des garanties juridiques et éthiques entourant l’adoption dans ce pays".

A partir du 1er janvier 2017, les procédures d'adoption entre la France et le Congo seront définitivement fermées afin, écrit le Ministère", d"éviter le risque de trafics d'enfants.

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