Un rapport de l'Anses sur les produits chimiques dans les textiles préconise une étiquetage sur la présence de substances allergènes. Il rappelle aussi l'impérieuse nécessité de laver son linge avant de le porter.

Des cas d’allergies et d’irritations cutanées en lien avec les vêtements ou des chaussures sont régulièrement rapportés aux autorités sanitaires.
Des cas d’allergies et d’irritations cutanées en lien avec les vêtements ou des chaussures sont régulièrement rapportés aux autorités sanitaires. © Getty / Kryssia Campos

L'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, avait été saisie en 2014 après plusieurs plaintes pour des cas d'allergies et d'irritations cutanée.  

Le rapport publié aujourd'hui et qui comporte 200 pages confirme la présence de substances sensibilisantes ou carrément cancérogènes dans les vêtements et les chaussures. 

Notre garde-robe contient un cocktail de produits chimiques. 

Ils se nomment nonylphénols, nonylphénols éthoxylates ou encore de formaldéhyde. Les analyses menées par l'Anses ont également permis d’identifier des substances non analysées habituellement, pouvant entraîner des dermatites de contact telles que la 1,4-paraphénylènediamine ou des dérivés organostanniques, ou des colorants azoïques. 

Les experts de l'Anses ont épluché la littérature scientifique existante sur ces substances mais ils ont aussi analysé 25 vêtements achetés en magasin : des sous-vêtements, des jeans, des leggings et 14 paires de chaussures qui avaient fait l'objet d'une plainte de consommateurs. 

Christophe Rousselle, chef de l'évaluation des risques liés aux substances chimiques à l'Anses, explique : 

Il s'agit de colles, de colorants, de dérivés du chrome et du nickel  dans les boutons et les fermetures, sans compter les substances pour faciliter le transport et la conservation.

Un étiquetage  comme pour l'alimentation

L'Anses recommande un étiquetage sur les vêtements pour prévenir le consommateur du risques d'allergie :

Il faut selon elle :

  • Maintenir une pression de contrôle des articles chaussants et textiles d’habillement mis sur le marché 
  • Réviser le seuil réglementaire du chrome VI dans les articles en cuir 
  • Fixer un seuil réglementaire pour le nickel dans les textiles
  • Proposer une classification dans le cadre du règlement européen n°1272/2008 relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage (CLP), pour les substances non réglementées et identifiées comme responsables d’allergies cutanées en tant que "sensibilisant et/ou irritant cutané".

L'agence sanitaire le répète : il faut absolument laver le linge neuf avant le porter, même si le lavage n'élimine pas toutes les substances nocives. Les experts pensent même que pour certains colorants instables chimiquement, le lavage libère des substances à risque pour les peaux fragiles comme la paraphénylène diamine (PPD),  présente dans 20 % des vêtements testés. 

Les résultats mentionnés dans ce rapport appuieront le dossier de restriction dans le cadre du règlement REACh, porté par la France et la Suède au niveau européen, sur les substances sensibilisantes ou irritantes cutanées présentes dans des vêtements et chaussures. 

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