Watiz est une jeune pousse dont les co-fondateurs vivent entre Evreux dans l'Eure et l'incubateur d'Arcueil dans le Val de Marne. Julien Capra, Marc Decombas et Rémy Villecroze ont conçu le "Shazam" de la mode. Ils dirigent l'une des 100 start-up où investir, selon le magazine "Challenges"

Julien Capra et Rodolphe Villecroze co-fondateurs de Watiz
Julien Capra et Rodolphe Villecroze co-fondateurs de Watiz © Radio France / Béatrice Dugué

Les trois chercheurs en tee-shirt sont chercheurs en chimie, en optique et traitement d'images. "On a tous été frustré un jour, en voyant dans un magazine ou dans la rue un vêtement porté par quelqu'un et ne pas savoir où l'acheter. Du coup on s'est dit : 'est-il possible de concevoir le "Shazam de la mode ? Allons y, tentons le coup'" raconte Rémy Villecroze. Shazam c'est cette application qui vous livre le titre du morceau,  juste en lui faisant écouter une musique ou en chantant. 

Plus besoin de demander "Mais où l'avez-vous donc acheté ?"

Watiz, c'est d'abord un nouveau moteur de recherche visuelle qui permet d'obtenir des informations sur les objets qui vous entourent. Plus besoin de connaître leur noms, vous les retrouvez grâce à leur apparence. Mais c'est donc maintenant aussi une application en devenir, dédiée aux vêtements. Le  principe est simple : vous prenez avec votre smartphone ou tablette, une photo de la chemise, du pantalon, de la robe ou des chaussures qui vous intéressent. "L'application identifie immédiatement l'objet, et d'un clic supplémentaire valide la requête, en vous proposant un choix identique ou similaire" démontre Julien Capra devant son écran. Ces images sont issues de catalogues de marques. Les faire apparaître en une fraction de seconde, représente des centaines d'heures de travail. Pas seulement du calcul scientifique. En fait, les trois chercheurs-entrepreneurs ont du apprendre aux algorithmes à reconnaître les vêtements, même déformés, même éclairés de manière différentes. 

Des heures pour rentrer des données et nourrir l'algorithme

La difficulté est là d'ailleurs. Un meuble ou une voiture ont des formes figées, un tee-shirt ou un jupe non. Ils épousent plus ou moins les formes du corps. Ils sont donc plus difficiles à coder. Pour que l'algorithme soit performant, il faut le nourrir de millions d'images. "On a passé des nuits et des week-ends à rentrer des images annotées. Il faut dire à l'algorithme 'ça c'est une veste, ça c'est un pull, ça ce sont des chaussures'". Et c'est très chronophage" se souvient Rémy Villecroze. Aujourd'hui l'application est en phase Béta, comprenez en phase de test, pour corriger les dernières imperfections. Elle est présentée à Vivatech 2019 salon de l'innovation parisien, qui se déroule jusqu'au 18 mais au parc des expositions, porte de Versailles. L'équipe cherche à lever 500 000 euros pour finaliser son produit.

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