L'usine de fabrication de sèche-linge d'Amiens fermera ses portes ce jeudi matin, l'enseigne étant délocalisée en Pologne. Retour sur les grandes dates de ce combat syndical et politique.

Pendant la campagne de 2017, le conflit social a représenté un enjeu politique comme ici avec la venue sur le site de François Ruffin et Emmanuel Macron.
Pendant la campagne de 2017, le conflit social a représenté un enjeu politique comme ici avec la venue sur le site de François Ruffin et Emmanuel Macron. © AFP / PHILIPPE WOJAZER

25 janvier 2017 : Whirlpool, multinationale américaine, numéro 1 mondial de l’électroménager, annonce la délocalisation de son usine de sèche-linge d’Amiens à Lodz, en Pologne, dans le but d’optimiser ses bénéfices. La direction annonce la fermeture de sa dernière usine en France qui ne serait pas rentable. 300 salariés y travaillent.

25 avril-mai 2017 : 12 jours de grève des salariés pour parvenir à un accord de fin de conflit sur les indemnités : les primes pourront atteindre jusqu’à 80 000 euros pour les salariés avec 25 ans d’ancienneté et ouverture d’un point information conseil pour les accompagner. 

Avril 2017 : ce conflit social est l'un des enjeux de la campagne présidentielle. On assiste à une visite mouvementée d’Emmanuel Macron dans l’entre-deux-tours de la présidentielle sur le parking le plus célèbre de la campagne présidentielle, selon l’Humanité, celui de l’usine Whirlpool d’Amiens. S'y succéderont Emmanuel Macron, donc, Marine Le Pen (en tête au premier tour avec 30% des voix) et François Ruffin. 

Macron évite le site avant le premier tour, mais il s'y rend le 26 avril 2017. Dans un premier temps, il choisit de rencontrer l’intersyndicale dans un salon de la chambre de commerce et d’industrie. Pendant ce temps, Marine Le Pen fait une apparition surprise sur le parking de l’usine, avec des croissants. Venue non annoncée, mais bien organisée. La journée se transformera en duel politique et Emmanuel Macron finira par se rendre sur le site en début d’après-midi, où il trouvera un accueil glacial, des sifflets et des invectives avant de réussir à se faire entendre.

4 octobre 2017 : un accord est signé le 12 septembre. Un projet de reconversion du site est entériné. Une reprise pour un euro symbolique par WN (Whirlpool N) qui lance ses premiers recrutements. Nicolas Decayeux, un patron local et sa société WN ont été retenus par le géant de l’électroménager pour y relancer une activité industrielle. Il souhaite développer une activité de fabrication de chargeurs pour véhicules électriques et de casiers intelligents réfrigérés pour la santé et l'alimentation. L'objectif est aussi de créer une Open Factory, site de production collaboratif pour les TPE et les PME des secteurs de l’équipement et du mobilier urbain. 

L’immense usine de 55 000 mètres carrés est cédée pour un euro symbolique à condition qu’elle parvienne à générer 200 emplois d’ici à 2018. WN s’est engagé à créer 277 emplois d’ici à 2020, dont 250 entre février et décembre 2018 au moment même où Whirlpool cessera son activité.

Octobre 2017 :  Macron revient sur le site pour honorer sa promesse une fois élu.

8 novembre 2017 : pour parvenir à une optimisation fiscale, l’entreprise d’électroménager a intercalé entre sa maison mère au Michigan, Whirlpool Corporation, et ses filiales, une cascade de holdings sans bureaux ni salariés dans des paradis fiscaux attractifs comme les Bermudes, l’Île Maurice ou encore le Luxembourg, un usage légal et très utilisé par les multinationales. En passant par le fameux cabinet d’avocats Appleby. La médiatisation de cette pratique laisse un goût amer aux ouvriers.

30 mars 2018 : la direction de Whirlpool a proposé un sèche-linge comme prime pour les deux derniers mois de production à l’usine d’Amiens avant de se rétracter devant la colère des partenaires sociaux. 

31 mai 2018 : fermeture.

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