François Hollande inaugure un monument en mémoire des soldats français et allemands qui ont fraternisé à Noêl 1914
François Hollande inaugure un monument en mémoire des soldats français et allemands qui ont fraternisé à Noêl 1914 © MaxPPP

Cela pourrait être le symbole de l’union nationale réclamée par certains après les élections régionales et la forte poussée du Front national. François Hollande inaugure jeudi un monument en l’honneur des soldats français et allemands qui ont fraternisé, le jour de Noël, en 1914, à Neuville-Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais, en compagnie de Xavier Bertrand, quatre jours après les élections régionales, alors qu'à droite comme à gauche, de nombreuses initiatives transpartisanes semblent émerger.

Le député-maire de Saint-Quentin, qui va renoncer à ses mandats national et local deviendra vendredi le président Les Républicains de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Il a largement battu Marine Le Pen au second tour des élections régionales dimanche, grâce à un sursaut de mobilisation des électeurs et au rassemblement anti-FN sur son nom, après le retrait du socialiste Pierre de Saintignon .

Besoin de concorde

Laurence Peuron a suivi le déplacement présidentiel pour France Inter :

Pour être juste avec le Président de la République, cette visite a été organisée il y a un an (...). [Ce moment de fraternisation en 1914], il y avait là bien sûr un symbole à exploiter, à l'heure où, Manuel Valls en tête invite le PS a se dépasser par la droite. Et où François Hollande a fait sienne cette idée que, pour être réélu en 2017, il n'a plus aucun intérêt à faire alliance avec une gauche qu'il juge moribonde.

D'ailleurs, le président a déclaré jeudi :

La France est partagée entre des sensibilités différentes. Elles sont nécessaires, indispensables même, à la démocratie, dès lors qu'elles sont respectueuses des valeurs de la République. Le débat est toujours utile et rien ne serait pire que de vouloir l'éteindre, de peur qu'il ne s'embrase. Mais face aux épreuves, comme devant les défis, notre pays a besoin de concorde - François Hollande

Hommage aux soldats de 1914

Ce monument est un hommage aux soldats de 1914 qui avaient horreur de la guerre, parmi lesquels Louis Barthas, tonnelier de l’Aude. Après 4 ans au front, ce soldat avait révélé dans ses "Carnets de guerre" les scènes de fraternisation entre soldats français et allemands. Des scènes pourtant niées par les autorités françaises, pendant plus de 90 ans…

Qui sait ! Peut-être qu'un jour sur ce coin de l'Artois, on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient horreur de la guerre et qu'on obligeait à s'entretuer malgré leur volonté - Caporal Louis Barthas, décembre 1915

Extrait du journal de Louis Barthas, poilu qui voulait que soit érigé un monument en l'honneur des soldats fraternisant
Extrait du journal de Louis Barthas, poilu qui voulait que soit érigé un monument en l'honneur des soldats fraternisant © MaxPPP

L’acharnement d’un réalisateur

Erigé à Neuville-Saint Vaast près d'Arras, le monument des fraternisations avait été espéré par le caporal Louis Barthas.C'est grâce à l'acharnement de Christian Carion, cinéaste qui a raconté ces scènes dans "Joyeux Noël", et à des dons privés qu'il a pu voir le jour.

Sophie Bécherel, journaliste de France Inter, a rencontré les archéologues qui travaillent sur les anciens champs de bataille de la Première guerre mondiale, dans l’Artois :

Il aura fallu 100 ans aux archéologues dont Gilles Prilaux pour retrouver la tranchée du Moulin rouge. Celle où se trouvait le soldat Louis Barthas quand il a vécu les scènes de fraternisation racontées dans ses carnets de guerre

Dans l’Artois, 300 000 hommes perdront la vie. Oubliés de l'histoire, ces épisodes de la Grande Guerre, répétés sur tout le front ne sont plus tabous aujourd'hui.

L'émission 2000 ans d'histoire sur France Inter de Patrice Gélinet avec Christian Carion (réalisateur) et Marc Ferro (historien), revient sur ces scènes de fraternisation, le 9 novembre 2011 :

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