EDF a confirmé mardi son projet de créer un nouveau site de stockage de déchets radioactifs mais a démenti les informations dévoilées dans la presse quant au choix de la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, pour l'installation de cette nouvelle piscine d'entreposage des combustibles nucléaires.

La centrale de Belleville-sur-Loire
La centrale de Belleville-sur-Loire © AFP / Gérard Labriet / Photononstop

S'il y a bien un projet de nouvelle piscine de stockage des combustibles nucléaires usés, EDF a démenti mardi le choix de sa localisation sur le site de la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Un porte-parole du groupe, en réaction aux informations diffusées dans la presse, a ainsi indiqué qu'EDF n'avait pas encore pris de décision sur le lieu du futur site.

Le site d'information Reporterre rapportait auparavant que l'électricien public voulait construire cet équipement sur le site de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, site qui pourrait accueillir entre 6 000 et 8 000 tonnes de métal lourd irradié, soit l'équivalent de 69 à 93 cœurs de réacteur nucléaire de combustibles.

Saturation de La Hague autour de 2030

Le directeur du parc nucléaire français, Philippe Sasseigne, avait de son côté indiqué fin janvier qu'EDF prévoyait une saturation potentielle des piscines centralisées du site d'Orano (ex Areva) de La Hague, en Normandie, autour de 2030 et qu'un équipement complémentaire pourrait être nécessaire à cet horizon.

"Il y a une recherche de sites à plusieurs endroits (mais) aujourd'hui il n'y a pas de décision", avait-il précisé, ajoutant que le groupe en était au stade des avant-projets et n'était pas en mesure de fournir le coût du projet. 

Choix du site arrêté en 2020

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a de son côté fait savoir mardi qu'elle instruisait "le dossier d'options de sûreté du projet" mais qu'il n'y avait "pas encore de précision sur le choix du site".  Le porte-parole d'EDF a également précisé qu'un dossier complet serait transmis à l'ASN dans les prochains mois, voire en 2019, et que le choix d'un site devrait être arrêté autour de 2020. 

Selon un rapport d'experts commandé par Greenpeace et publié en octobre dernier, les piscines d'entreposage de combustible nucléaire usé des centrales françaises seraient très mal protégées face aux risques d'actes malveillants et d'attaques terroristes.

Si EDF confirme le choix de Belleville-sur-Loire, la centrale du Cher risque de concentrer les mécontentements des militants anti-nucléaires. La centrale, mise sous surveillance renforcée par l'Autorité de sûreté du nucléaire le 13 septembre dernier, a fait l'objet d'un dépôt de plainte par le réseau Sortir du nucléaire qui ont fait valoir que "de nombreux équipements importants pour la sûreté sont dans un état de délabrement de nature à remettre en question leur fonctionnement, leur usure étant aggravée par un manque d'entretien et des réparations de l'ordre du rafistolage".

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