Si pour un garçon le champ linguistique se résume souvent à "zizi" ou "quéquette", pour les filles, l'imagination semble ne pas avoir de limite...

Comment nomme-t-on le sexe des filles ?
Comment nomme-t-on le sexe des filles ? © Getty

A quoi ressemblent les jeunes pères des années 2010 ? c'est la question que posait Ali Rebeihi dans Grand Bien Vous Fasse ! et alors qu'il recueillait le témoignage d'un jeune père, ce dernier fut interpellé par Jul : "Comment appelez-vous le sexe de votre fille ?"

L'avis du psy

Ils vous le diront tous, Dolto en tête: "Il faut donner à l'enfant le véritable nom de son sexe. Et désigner les organes sexuels de façon positive."

« Zézette », c’est concon, non ? Mais je vais quand même pas apprendre à ma fille de 2 ans les mots « vulve » ou « vagin » !

s'interroge une maman sur l'un des forums que j'ai parcouru. (oui, il y a des forums (nombreux même) qui abordent le sujet)

Et pourquoi pas lui répond Maelle Challan-Belval (Educatrice à la Vie affective, relationnelle et sexuelle​)

"L’enjeu ? Rendre son enfant bilingue. Qu’elles connaissent les mots familiers ET les mots officiels, explique-t-elle. Vulve, lèvres, vagin ou clitoris ? Des fillettes peuvent apprendre sans gêne ces mots-là dès la maternelle. C’est notre gêne d’adulte qui est un frein à l’apprentissage, pas celle des enfants. C’est utile pour comprendre le monde et son corps de connaître les mots que certains adultes, que les médecins, ou que les livres utilisent."

Comme le dit Jul, qui s'est penché sur la question pour son Guide du moutard : "il y autant de nom que de famille..."

Et ce n'est pas nouveau

Qu'en pense Alain Rey ?

Interrogé par Causette (Dossier spécial Vulve - Causette #26), le linguiste confirme "qu’avant le XVIIIe siècle (et Sade), le vocabulaire relatif à l’entrejambe féminin était très fleuri et positif." Jugez plutôt : berlingot, choune, cramouille, fendasse, craque, craquette, frifri, baba, abricot, maternelle (pour l’utérus). Mais aussi motte, touffe, chatte, minette ou minet en rapport avec la pilosité.

Puis le vocabulaire a évolué reflétant la société ce qui fait dire à Alain Rey que "la dérision ou la description négative du sexe féminin, c’est le signe que la langue française est extraordinairement antiféministe."

Et de conclure

Dans l’idéal, il faudrait un nom inventé par une femme … Le seul que je connaisse, c’est celui d’une petite fille de 5 ans, qui n’a pas du l’inventer : "quiquine"

Terminons avec une petite liste, non exhaustive, de noms glanés sur les forums :

Mounette, minette, jardinet, foufoune, frifri, zizouille, quiquine, chat, paquerette, poupiou, chounette, petite fleur, founette, fentounette, fifi, chipounette, toutoune, koukoune, guiguitte, margoulette, cucunette, chéchette, prune, framboise, rose ou nénuphar....

► (RE)ECOUTER | Service Public : 50 ans de psychanalyse sur France Inter

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