Zika vraiment responsable des microcéphalies?
Zika vraiment responsable des microcéphalies? © MaxPPP / Antonio Lacerda

Une équipe argentine établit un lien entre les microcéphalies des nouveaux-nés au Brésil et l'utilisation à grande échelle d'un insecticide fabriqué par un partenaire du géant Monsanto. Jusqu'à présent, les microcéphalies sont attribuées au virus Zika par les autorités.

Le Brésil est le pays le plus touché par l'épidémie avec 1,5 million de personnes contaminées depuis 2015. Des chercheurs suggèrent un lien entre les microcéphalies et le pyriproxyphène , un inhibiteur de croissance qui empêche les moustiques d'atteindre l'âge adulte, produit par Sumitomo Chemical Company, partenaire japonais de Monsanto au Brésil et en Argentine.

De l'insecticide dans l'eau potable

Ce produit a été utilisé au Brésil, qui a recensé près de 4.000 cas de microcéphalies.

Selon le rapport argentin, le lien est évident entre les milliers de cas de malformations congénitales chez des enfants et le fait que leurs mères enceintes habitent dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l'eau potable, comme le conseille l'Organisation mondiale de la santé. Pour l'instant, le ministère de la santé brésilien met toujours en cause le virus Zika dans ces malformations graves.

Quelle est l'importance du lien entre Zika et microcéphalies? Est-ce que l'ensemble des microcéphalies au Brésil est exclusivement lié au Zika ou y'a-t-il autre chose? C'est une question qui reste d'actualité, selon le Professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l'institut de microbiologie et maladies infectieuses de Paris

►►►| ECOUTER les explications du Professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l'institut de microbiologie et maladies infectieuses de Paris, joint par Sophie Becherel

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Zika est-il vraiment responsable des microcéphalies?

La Polynésie affirme ne pas avoir utilisé l'insecticide

Le larvicide soupçonné par des chercheurs argentins n'a jamais été utilisé en Polynésie, également touchée par ces malformations, affirme le centre d'hygiène et de salubrité publique de Papeete.

Zika a touché au moins 60% de la population polynésienne lors de l'épidémie de 2013-2014, selon les autorités sanitaires locales. Il est soupçonné d'être lié à 18 cas de malformations du foetus, dont 10 à 12 microcéphalies, contre 1 à 2 cas par an en temps normal.La Polynésie française a bien pulvérisé un insecticide lors des épidémies. Mais il s'agirait de deltaméthrine, et non de pyriproxyphène.

La deltaméthrine est utilisée depuis des décennies à La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe ou la Nouvelle-Calédonie dans la lutte contre le moustique, sans jamais avoir été reliée à aucune anomalie sur l'homme, selon le Centre d'hygiène et de salubrité publique de Polynésie Française.

La destruction du moustique ou de ses larves est le moyen le plus utilisé pour lutter contre l'épidémie de Zika.

Le Centre d'hygiène assure que ces produits ont aussi été utilisés pour lutter contre d'autres virus transmis par le moustique (comme le dengue et le chikungunya). Or, l'augmentation du nombre de microcéphalies n'a été constatée en Polynésie qu'après l'épidémie de Zika.

Zika trouvé dans le cerveau d'enfants atteints de microcéphalie

Une équipe brésilienne a localisé le virus Zika dans le cerveau de nouveaux-nés, a indiqué à l'AFP une pathologiste, Lucia Noronha, professeur de Médecine à l'Université PUC-Parana (sud du Brésil).

On a détecté la présence du virus dans le tissu cérébral, associé à des inflammations dans le cerveau mais on ne sait pas encore comment il agit", a déclaré le médecin

"Le virus Zika provoque des lésions dans le cerveau et cela renforce l'évidence de la relation entre Zika et microcéphalie" du foetus (réduction du périmètre crânien, néfaste au développement intellectuel), a souligné la scientifique. C'est son équipe de la PUC Parana qui avait trouvé la première, le virus du Zika dans le liquide amniotique d'une femme enceinte.

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