[scald=89365:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les avocats de l'icône du football français Zinedine Zidane ont demandé jeudi en justice 75.000 euros de dommages et intérêts à l'humoriste Christophe Alévêque pour des propos brocardant son supposé manque d'intelligence et sa présumée cupidité.

Lors de l'audience au tribunal de Paris, le parquet a jugé injurieuses des phrases d'un entretien au périodique Sport-mag en janvier 2011 qualifiant "Zizou" de "panneau publicitaire à trois neurones" et assimilant ses émoluments à la prostitution.

Christophe Alévêque a assumé ses propos à la barre et défendu sa liberté d'expression ainsi que les mots employés.

"J'ai la liberté qu'a toujours eue le bouffon qui était le seul à pouvoir s'attaquer au roi", a-t-il dit.

L'humoriste a justifié ses attaques contre l'ancien maître à jouer des Bleus par le fait qu'il avait notamment été payé par le Qatar en 2010 pour contribuer à obtenir l'organisation du Mondial 2022 dans ce pays, une décision très controversée.

Zinedine Zidane n'a pas poursuivi, souligne la défense de l'humoriste, une autre phrase de la même interview ou Christophe Alévêque déclarait à ce propos: "C'est écoeurant. J'espère que les 11 millions qu'il a pris, il a les a donnés à une association, sinon c'est un scandale".

Zinedine Zidane, 39 ans, avec lequel la France a gagné la Coupe du monde 1998 et l'Euro 2000, était absent à l'audience.

Son avocat Carlo-Alberto Brusa a déclaré qu'il s'estimait notamment blessé en raison de supposées conséquences sur sa famille: "Son fils a été ridiculisé aux entraînements à Madrid".

Il assure ne pas avoir retrouvé trace d'injure aussi grave contre son client, qui travaille désormais pour le Real Madrid après avoir mis fin à sa carrière de joueur.

Le substitut du procureur Anne de Fontette, qui n'a pas requis de peine précise, a jugé que la "distance terrible entre le peuple français et les dieux du stade" était un sujet sur lequel il était légitime de débattre, notamment après la grève de l'entraînement des Bleus au Mondial de 2010.

Mais elle a souligné que les propos avaient été tenus dans le cadre d'un entretien avec un média et non dans un spectacle humoristique, où l'expression est juridiquement plus libre.

Par ailleurs, a-t-elle dit, "je ne crois pas que la vulgarité élève le débat".

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 22 mars.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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