"La situation exige des mesures supplémentaires", a indiqué Olivier Veran dans une conférence de presse, mercredi soir, face à l’accélération de la circulation du Covid-19. Les départements classés en "zone rouge" sont désormais répartis en trois catégories dont l'"alerte maximale".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé de nouvelles interdictions et mesures restrictives selon les territoires.
Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé de nouvelles interdictions et mesures restrictives selon les territoires. © Capture d'écran Franceinfo

De nouvelles mesures restrictives ont été annoncées ce mercredi par le ministre de la Santé Olivier Véran, lors d'une conférence de presse sur la situation sanitaire. De nouvelles zones d'alertes graduées ont été présentées, désormais, les zones classées "rouges" sont réparties en trois catégories. La métropole d'Aix-Marseille et la Guadeloupe basculent ainsi en "alerte maximale" ce qui engendre notamment la fermeture des bars et restaurants, a annoncé le ministre. Le point sur les différentes mesures. De nouvelles mesures qui seront revues dans deux semaines, selon l'évolution de l'épidémie.

"La situation exige" 

"La situation exige" la prise de "mesures supplémentaires", sous peine d'atteindre d'une situation "critique" dans "les prochaines semaines" a indiqué Olivier Véran. "Nous ne le faisons pas de gaieté de cœur", a-t-il ajouté. Le taux d'incidence, qui était de 83 cas pour 100 000 habitants la semaine dernière, est désormais de 95 cas pour 100 000 habitants en France, a-t-il précisé. "Et nous dépasserons les 100 cas pour 100 000 habitants dans les prochaines heures ou les prochains jours", estime Olivier Véran. 

Différents niveaux d'alerte ont donc été établis en fonction de la situation épidémique des territoires. Dans les territoires classés en "zone rouge", on retrouve désormais trois seuils : la zone "d'alerte" où le virus "circule nettement", puis la zone "d'alerte renforcée", et la zone d'"alerte maximale", là où "la situation épidémique peut être qualifiée d'extrêmement tendue".

La métropole d'Aix-Marseille et la Guadeloupe en "alerte maximale", les bars fermés

La métropole d'Aix-Marseille et la Guadeloupe passent-elles en "alerte maximale" a annoncé le ministre de la Santé. Le passage en "alerte maximale" est déterminé lorsque le taux d'incidence est supérieur à 250 pour 100.000 habitants, à 100 pour les personnes âgées (65 ans et plus), et lorsque le taux d'occupation en réanimation est supérieur à 30 % dans ces territoires. Dans ces territoires "Si la situation sanitaire devait encore s'aggraver dans ces territoires, l'état d'urgence sanitaire sera instauré", a-t-il prévenu, tout en assurant "nous faisons et nous feront tout pour l'éviter".

Les mesures annoncées : 

  • Fermeture totale des bars et restaurants à partir de samedi ;
  • Fermeture de l'ensemble des établissements recevant du public sauf s'il existe un "protocole sanitaire strict" déjà mis en place, ce qui ne concerne pas les "cinémas, théâtres et musées" a indiqué le ministre le Santé ;

Plusieurs métropoles et Paris passent en "alerte renforcée"

Huit nouvelles métropoles et territoires sont également entrés en zone "d'alerte renforcée", où le taux d'incidence dépasse les 150 pour 100.000 habitants et 50 pour les personnes âgées. Les métropoles de Toulouse, Lille, Saint-Etienne, Rennes, Paris et sa petite couronne, Rouen, Grenoble et Montpellier viennent donc s'ajouter à la liste où figuraient déjà Bordeaux, Lyon et Nice. Les territoires de Tours, Strasbourg, Dijon et Clermont-Ferrand sont particulièrement surveillés pour ne pas passer "rejoindre la liste."

Les mesures annoncées : 

  • Fermeture anticipée des bars, l'horaire sera déterminé par les préfets, mais "les bars ne pourront pas rester ouverts au-delà de 22 heures". Mesure qui entrera en vigueur lundi ;
  • Interdiction dès samedi des rassemblements de plus de 10 personnes dans l'espace public, comme les plages et parcs ;
  • Abaissement de la jauge des rassemblements de 5.000 à 1.000 personnes "sous réserve que les protocoles sanitaires y soient strictement respectés" dès samedi :
  • Interdiction des grands événements déclarés comme les fêtes locales ou les fêtes étudiantes dès samedi ;
  • Fermeture des salles de sport et des gymnases dès samedi ;
  • Fermeture des salles des fêtes et salles polyvalentes pour les activités festives et associatives, une mesure qui entre également en vigueur lundi. 

Des mesures en zones "alerte" 

69 départements sont actuellement en zone "alerte", où le taux d'incidence est supérieur à 50 pour 100.000 habitants.

Les mesures annoncées : 

  • "Les fêtes, les mariages, les tombolas, les événements associatifs, les anniversaires, les communions" devront se tenir à moins de 30 personnes, tout comme les événements dans les salles de fêtes, ou salles polyvalentes.

Par ailleurs, la surveillance de la situation des personnes âgées est "particulièrement forte" ajoute Olivier Véran. Les Ehpad sont "invités à prendre des mesures renforcées", comme le rétablissement des visites sur rendez-vous, l'engagement des proches à respecter les gestes barrière et une politique de dépistage "déterminée et renforcée".

Des mesures qui suscitent l'indignation de certains élus

A Marseille, les nouvelles mesures ont suscité la colère des élus. La mairie a même demandé un délai de 10 jours avant l'entrée en vigueur des interdictions. "Pourquoi avoir un tour de vis alors que les chiffres commencent à aller dans le positif ?" s'interroge sur franceinfo Michèle Rubirola, la maire EELV de Marseille. Son premier adjoint, Benoît Payan a dénoncé un "affront" après l'annonce "sans concertation" par le gouvernement de "restrictions incroyables".

"C'est un assassinat économique, le nombre de chômeurs va exploser", a de son côté réagi Stéphane Ravier, sénateur RN des Bouches-du-Rhône, invité sur France Bleu Provence.

A Paris, la maire Anne Hidalgo qualifie la fermeture des bars à 22 heures et des salles de sport comme des mesures "difficiles à comprendre". et dit avoir fait part de son désaccord à Olivier Véran et au préfet de police. Anne Hidalgo questionne sur l'efficacité des mesures : "D'abord elle est difficile à comprendre : en quoi va-t-elle vraiment limiter la diffusion du virus ? En quoi le fait de ne plus pouvoir pratiquer de sport va nous aider alors que le sport fait partie justement de ce qui nous permet d'avoir aussi une meilleure santé, des défenses immunitaires plus importantes ? Donc il nous faut discuter de tout cela".

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