Le 1er mai 1994, Ayrton Senna est mort sur le circuit d'Imola, en Italie. 25 ans après, son rival, le pilote Alain Prost, se confie sur France Inter.

Alain Prost et Ayrton Senna à Paris en décembre 1993.
Alain Prost et Ayrton Senna à Paris en décembre 1993. © Maxppp / Jean Francois Galeron

Il y a 25 ans, la Formule 1 perdait l’un des plus grand pilotes. Ayrton Senna, victime d’un accident sur le circuit d'Imola à Saint-Marin en Italie. Le Français Alain Prost était l’un de ses plus grands rivaux. C’était aussi l’un de ses modèles. "Je n’ai pas toujours bien vécu cette rivalité" raconte Alain Prost. "Car c’est toujours à l’avantage du plus jeune", en l’occurrence Ayrton Senna. "C’est normal. Vous le voyez avec Charles Leclerc et Sebastian Vettel aujourd'hui. Je l’ai vécu avec Niki Lauda à l’époque."

Pour Alain Prost, Ayrton Senna était différent. Sa personnalité, son travail : "Il était à part sur la piste et en dehors. Il avait un côté mystique, pas toujours facile à gérer. Il était convaincu par ce qu’il faisait."

Inquiet sur la sécurité des pilotes

Le 1er mai 1994, Ayrton Senna s’élance en pole position. Il pense à l’accident mortel de la veille. L‘Autrichien Roland Ratzenberger, 33 ans, est mort lors des tours de qualification. "Il se posait des questions sur la sécurité des pilotes", raconte Alain Prost. "Il m’avait demandé de prendre le leadership de l’association des pilotes. Et pourtant il n’avait jamais eu de problèmes par rapport à ça."

Alain Prost était en Italie ce jour-là. Au bord de la piste, pour TF1. L’accident s’est produit lors du sixième tour. Le Brésilien perd le contrôle de sa monoplace. Il s’encastre contre un mur. "On se souvient de cela toute sa vie" témoigne l’ancien pilote français. "C’était terrible. C'est tout un pan de votre vie qui s'arrête, et puis je ne pensais pas, d'ailleurs, vivre comme ça, pratiquement au quotidien, avec son image et sa mémoire

Une rivalité, mais pas seulement

"C’était un adversaire, mais quand j’ai pris ma retraite, on remarque la relation humaine qui s’est créé" précise Alain Prost. Il était le modèle d’Ayrton Senna, même si cinq ans seulement les sépare. "Il m’avait appelé plusieurs fois, il me demandait de revenir. Il me disait qu’il n’arrivait pas à se motiver contre les autres pilotes."

"Cette rivalité, on ne l'a vit pas très bien, à l'époque, c'était très violent" se rappelle Alain Prost. " D'ailleurs, en France, c'était peut-être même le pays où c'était le plus violent, parce qu'on est le pays du 50-50 : il y avait des gens qui vous adoraient et des gens qui vous détestaient, il n'y avait pas de juste milieu."

Cette rivalité est entrée dans l’histoire. Alain Prost en a bien conscience. "Partout où je vais dans le monde, les gens ont en tête notre rivalité. C’est aujourd’hui que l’on se rend compte de ce que l’on fait." Pas une journée ne passe sans qu’il ne voie un message ou une personne ne lui parle de cette rivalité. "On est de cette génération qui a échappé à l’accident. On a l’impression d’être des survivants. Ayrton Senna me manque" conclu Alain Prost.

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