Yoshiro Mori, le président du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Tokyo, a annoncé sa démission ce vendredi après le tollé provoqué par ses propos sexistes. La question de son successeur n'est pas encore tranchée.

Propos sexistes : démission de Yoshiro Mori, président de l'organisation des JO de Tokyo
Propos sexistes : démission de Yoshiro Mori, président de l'organisation des JO de Tokyo © AFP / Shuhei Yokoyama / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Yoshiro Mori, ancien Premier ministre du Japon de 2000 à 2001, présidait le Comité d'organisation de Tokyo 2020 depuis 2014. En raison de la crise sanitaire, les jeux ont été annulés l'été dernier et reportés, sauf décision contraire, à l'été 2021, du 23 juillet au 8 août. 

Depuis le 2 février dernier, Mori est dans la tourmente. Il a en effet tenu en public des propos sexistes, regrettant "que les conseils d’administration avec beaucoup de femmes prennent trop de temps car elles ont du mal à finir leurs prises de parole". Il s'est également dit satisfait "de voir les femmes du comité d’organisation Tokyo 2020 rester à leur place"!  

Ce vendredi, Yoshiro Mori a annoncé sa démission du comité d'organisation des JO :

"Mes déclarations inappropriées ont causé beaucoup de trouble" 

Yoshiro Mori, 83 ans, a poursuivi : 

"Ce qui est important, c'est d'organiser les Jeux en juillet. Il ne faut pas que ma présence devienne un obstacle".

Pétition et propos jugés "totalement déplacés"

Yoshiro Mori s'était vu obligé de s'excuser après le tollé provoqué par ses propos. Mais ses  excuses maladroites, au cours desquelles il excluait de démissionner, n'avaient pas convaincues.  

Des sportifs, des personnalités politiques et des sponsors des JO avaient dénoncé ses remarques contraires à l'égalité des sexes et aux valeurs de l'olympisme. 

La joueuse de tennis japonaise, Naomi Osaka, la gouverneure de Tokyo, étaient montées au créneau. 

L’ONG Human Rights Watch avait même attribué "la médaille d’or du sexisme" à Yoshiro Mori. Plusieurs ambassades au Japon, dont celles de l’Union européenne, de l’Allemagne et du Portugal, avaient posté sur Twitter les #Ne restez pas silencieux et #Egalité des genres.  

Une pétition réclamant sa démission avait recueilli la signature de nombreux sportifs.

Mais le Comité international olympique (CIO) avait soutenu Yoshiro Mori, estimant le débat clos après ses excuses. 

Devant les multiples réactions depuis, le CIO a fini par le lâcher, lui reprochant cette semaine des propos "totalement déplacés".  

Succession non résolue 

En annonçant sa démission, Yoshiro Mori a suggéré que l'ancien grand patron du football japonais, Saburo Kawabuchi, 84 ans, pourrait lui succèder. Mais cette proposition ne plait pas.  

"Je ne pense pas que nommer un vieil homme comme lui va convaincre le public", a déclaré vendredi au quotidien Asahi un membre de l'organisation

La ministre japonaise des Jeux Olympiques de son coté, a affirmé que "rien n'a été décidé pour cette succession"...  Kawabuchi lui même s'est rétracté face aux critiques et aux réticences du gouvernement.

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Tokyo 2020 semé d'embûches

Selon plusieurs sondages, plus de 80% des Japonais souhaitent un nouveau report des JO ou une annulation complète de l'événement. 

Les Jeux de Tokyo avaient déjà été marqués par deux démissions de personnalités de premier plan. Le ministre des Jeux Olympiques a renoncé à son portefeuille en avril 2019 après s'être seulement dit "déçu" quand la nageuse Rikako Ike, grand espoir japonais de médaille, a annoncé avoir une leucémie. Un mois plus tôt,  le président du Comité olympique japonais,   avait lui aussi annoncé son départ, mis  en examen par des juges français, pour des soupçons   de pots-de-vin à des membres du CIO en 2013 contre leur soutien à la candidature de Tokyo.