Selon un sondage réalisé pour La Poste, premier partenaire des arbitres français, une majorité des sondés se disent favorables à la féminisation de l’arbitrage et à l’usage de la vidéo pour les avantages qu’elle apporte dans le déroulement d’un match.

Neymar face à l'arbitre Willy Delajod, lors d'un match entre le Paris Saint-Germain et Angers, le 5 octobre 2019 au Parc des Princes.
Neymar face à l'arbitre Willy Delajod, lors d'un match entre le Paris Saint-Germain et Angers, le 5 octobre 2019 au Parc des Princes. © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt

C’est indéniable : selon un sondage réalisé par Kantar pour La Poste, premier partenaire des arbitres français (football, rugby, handball, basket), une très large majorité de Français ont un regard extrêmement favorable de la féminisation de l’arbitrage et de l’usage de la vidéo pour faire respecter les règles sur les terrains de sport. 

Cette enquête est révélée à l’occasion des journées de l’arbitrage qui se poursuivent jusqu’au 23 octobre et qui mettent en avant cette année “l’autorité positive au service du jeu”. 

Au total, 93 % des personnes interrogées estiment donc que l'assistance vidéo évite les erreurs d'arbitrage, une proportion similaire juge que cette technologie évite les contestations ou renforce la crédibilité de l'arbitrage, 88 % qu'elle facilite le rôle de l'arbitre, ou qu'elle renforce sa crédibilité. 

Réticences du monde professionnel

Pourtant, elle n'a pas empêché certains dirigeants de monter au créneau, comme par exemple, le président du Stade Rennais. “Aujourd'hui, c'est un capharnaüm et plus personne ne comprend absolument plus rien” réagissait Olivier Letang, après un match de première division de football à Marseille, le 29 septembre. 

Si l'assistance vidéo ne peut pas corriger ce qui est du domaine de l'interprétation, pas question de remettre en cause le principe, juge Pascal Garibian, directeur technique de l'arbitrage du foot français. “L'assistance vidéo a vocation à corriger ce qui est clairement erroné aux yeux de tous et notamment aux yeux des supporters” explique-t-il. “Quand nous corrigeons 70 % d'erreurs, c'est une bonne chose et tout le monde a bien conscience que nous ne reviendrons pas en arrière, même si il y a encore des progrès à effectuer sur différentes situations et sur la compréhension du domaine d'intervention de l'assistance vidéo” détaille Pascal Garibian. 

“Un certain nombre de situations complexes ne font pas l’unanimité, auprès des joueurs ou à l’intérieur même d’un staff technique”

Il ajoute enfin que les arbitres ont proposé d'aller dans les clubs pour clarifier leur position, un dialogue qui a été déjà instauré dans 12 clubs professionnels pour le moment.

Pascal Garibian reconnaît enfin que l’assistance vidéo n’est pas l’arme absolue contre les erreurs d’arbitrage, car les actions litigieuses sont très souvent soumises à interprétation. “Un certain nombre de situations complexes ne font pas l’unanimité, auprès des joueurs ou à l’intérieur même d’un staff technique. Il peut donc y avoir des erreurs d’arbitrage et bien évidemment, plus ces arbitres seront respectés moins ils passeront de temps à gérer de la contestation, et meilleures seront les décisions prises sur le terrain.

Une bonne image des arbitres

C’est là le nerf de la guerre. D'ailleurs, d'après le sondage, près de 90 % des personnes interrogées estiment que les arbitres représentent bien “l’autorité positive” et de nombreuses valeurs comme le respect, l’esprit sportif, la confiance, la neutralité, le courage ou la bienveillance. Mais quasiment autant (88 %) considèrent que le rôle de l’arbitre dans le sport est de plus en plus difficile. 

Par ailleurs, 93 % des interrogés ont une bonne opinion de la féminisation de l’arbitrage. Au total, entre le football, le handball, le rugby et le basket-ball, le pays compte 64 000 arbitres, dont 10 723 femmes. Stéphanie Frappart est la première française à avoir arbitré un match professionnel masculin, en Ligue 2, puis la première à avoir arbitré un match en Ligue 1 masculine. 

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