Les écoliers seront-ils privés de sorties scolaires, classes de neige ou encore séjours découverte au bord de la mer ? Oui, répondent certains professionnels du tourisme jeunesse, qui depuis quelques semaines doivent faire face à une vague d’annulations sans précédent à cause de la crise sanitaire.

Certains professionnels du tourisme jeunesse enregistrent jusqu'à 40% d'annulation des séjours.
Certains professionnels du tourisme jeunesse enregistrent jusqu'à 40% d'annulation des séjours. © Radio France / Philippe Lefevre

Les classes vertes à la neige et les sorties découvertes risquent d'être compromises cet hiver, voire le reste de l'année scolaire. C'est en tout cas ce qu'estiment certains professionnels du secteur tourisme jeunesse, évoquant un véritable tsunami. Avec la crise du Covid-19, ils doivent faire face à des annulations en cascade ces dernières semaines et estiment également manquer d'informations de la part des autorités, pour poursuivre leurs activités.

40 % des séjours annulés chez certains professionnels

Chez Savoie Mont Blanc Juniors, association qui regroupe 250 sites d’hébergement pour les enfants en Savoie et Haute-Savoie, 40 % des séjours programmés cet hiver ont déjà été annulés, qu’il s’agisse de classes de neige ou de colonies de vacances. Pourtant, des garanties ont été fournies quand au respect scrupuleux des protocoles sanitaires, indique la présidente, Violaine Villette. Au total cela pourrait représenter un manque à gagner de 32 millions d’euros par mois pour les deux départements alpins.

"Nous comprenons la position des directeurs d’écoles" explique la directrice du centre Neige et Soleil de Val Cenis, "avec la Covid, ils ont beaucoup de choses à mettre en place et il est beaucoup plus simple pour eux de décréter une année blanche sans sorties ni voyages scolaires." Mais cette absence de jeunes clients en dehors des périodes de vacances scolaires risque de provoquer d'autres problèmes en cascade : s’il n’y a pas de classes de neige, il n’y aura pas d’activité non plus pour les loueurs de matériel, ni pour les moniteurs des écoles de ski ou les autocaristes. Cela pourrait même toucher les fournisseurs de produits alimentaires et les agriculteurs qui écoulent aussi une partie de leur production de lait ou de fromage dans ces centres de vacances.

Un manque d'information sur ce qui est autorisé

Au-delà de cette réalité, certains professionnels de l’accueil des enfants en colonies de vacances, en classes de neige ou même dans des séjours linguistiques, estiment manquer d'informations de la part du gouvernement concernant la continuité de leurs activités. "Sur la foire aux questions du site du ministère de l’Education, on peut lire que les sorties scolaires sont possibles", détaille Charlotte Becart-Deroubaix directrice générale de Vivalangues. "Mais nous avons de nombreux clients qui nous adressent des courriers officiels provenant de certains rectorats qui indiquent que toutes les sorties sont interdites jusqu’au mois de mars sur décisions préfectorales".

Par ailleurs, précise-t-on chez Savoie Mont Blanc Juniors, les établissements scolaires ne sont pas les seuls à annuler des séjours, certains comités d’entreprises commencent eux aussi à l'envisager, voire annuler. C'est désormais un secteur entier de l’industrie touristique, qui fait voyager près de deux millions d’enfants par an, qui joue sa survie.

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