Le monde de la boxe est en deuil depuis la mort de l'Américain Patrick Day, K-O lors d'un combat quatre jours plus tôt. Un drame qui laisse penser que certains sports sont plus dangereux que les autres. Qu'en est-il réellement ?

Patrick Day est au moins le troisième boxeur professionnel à mourir des suites de blessures reçues sur un ring cette année
Patrick Day est au moins le troisième boxeur professionnel à mourir des suites de blessures reçues sur un ring cette année © AFP / Dylan Buell

Patrick Day est au moins le troisième boxeur professionnel à mourir cette année après un combat. Il avait été évacué inconscient samedi dernier, après un crochet de son adversaire Charles Conwell. Un drame médiatisé qui peut faire peur aux apprentis boxeurs ou à leurs parents. Mais peut-on vraiment affirmer que la boxe est un sport plus dangereux qu'un autre ? 

La boxe pratiquée aux États-Unis n'est pas la même qu'en France

"Non", répond avec fermeté le ministère des Sports. Il n'existe pas de sport qu'on peut qualifier de dangereux d'après ce dernier. "Il y a plus de risques dans les sports de combat où on autorise les K-O, c'est évident. Mais chaque sport comporte des risques."

Pour ce qui est de la boxe, il faut aussi prendre en compte le pays où on la pratique, assure le ministère des Sports. "On ne parle pas de la même boxe en France, où il y a une fédération officielle et nommée par le ministère des Sports, qu'aux États-Unis, où la réglementation des combats de boxe se fait État par État et avec des disparités énormes. Ce type d'accident qui vient de se produire aux États-Unis, ne s'est pas produit dernièrement en France. Parce qu'il y a eu la mise en place de trois niveaux de vigilance utilisés pour arrêter un combat avant le K-O : l'entraineur, l'arbitre et le médecin." 

Maxime Beaussire en championnat de l'Union européenne club (2017)
Maxime Beaussire en championnat de l'Union européenne club (2017) © Maxppp / MARIE Guillaume

Une mesure qui ne suffit pas à Maxime Beaussire, boxeur professionnel de 28 ans. L'ancien champion de France se pose aujourd'hui des questions au moment de monter sur le ring. "On passe notre vie pour s’entraîner à faire mal à quelqu'un. La répétition des coups a un impact négatif, quoiqu'il arrive. Des fois on voit un peu un flash, des étoiles... On se dit que ce n'est quand même pas sain tout ça, on se demande ce qu'on fout sur un ring."

Le sport de compétition : un autre monde 

Mais il n'est pas possible de mettre sur le même plan le sport de loisir et le sport de compétition rétorquent les professionnels de santé. "Pour la boxe, en compétition, l'objectif est de détruire l'autre", avance un agent du ministère des Sports. Rien à voir avec la boxe pratiquée en loisirs chez les adultes ou "chez les enfants, où le KO n'est pas autorisé."

"La savate, la boxe française, est un excellent sport. C'est très éducatif, on utilise les membres inférieurs et supérieurs", confirme Benoît Vesselle, chef de service de médecine physique-réadaptation au CHU de Reims et trésorier de la société française de médecine, de l'exercice et du sport (SFMES).

"Si vous avez 13 ans et que vous pratiquez la course à pied deux à trois heures par jour, oui ça peut avoir un impact sur votre corps."

Le risque serait même plus important chez les non-pratiquants qui font occasionnellement du sport et qui ne prennent pas en compte leurs limites. "La plupart des gens qui décèdent sur une course à pied n'ont pas mesuré l'effort. Ou alors ils avaient une pathologie sous-jacente. La course en elle-même ne comporte pas de risques. Tout est une question de mesure et d'intensité. Si vous avez 13 ans et que vous pratiquez la course à pied deux à trois heures par jour, oui ça peut avoir un impact sur votre corps", explique le ministère de la Santé.

Quant au sport en club, les facteurs à risque à prendre en compte sont plus liés aux pratiques du club, aux précautions et aux consignes données par les entraîneurs, indique le ministère. "Et c'est justement notre travail, expliquent les agents de la Direction des Sports. Vérifier que les fédérations sportives, qui ont ce pouvoir d'émettre les règles de technique et de sécurité, remplissent bien leur rôle. Qu'a fait le rugby depuis 20 ans ? Quand on a vu des joueurs sortir tétraplégiques ou paralysés de certaines mêlées, la fédération est intervenue sur l'évolution des règles du jeu. Les accidents qu'on a connu il y a vingt ans, il n'y en a plus de cette nature là au rugby aujourd'hui."

En 2016, Santé public France dévoile une étude des sports les plus mortels en France. L'alpinisme arrive en tête avec 36 personnes mortes en un an. Le trekking (34) et le ski (21) complètent le podium.

"La dangerosité d'un sport reste infime à partir du moment où ce dernier est pratiqué dans un club, qu'il est encadré et qu'il n'y a pas de pratique compétitive sous une certaine intensité", répète la ministère des Sports. 

Il n'y a pas de règles

Il y a trop de facteurs à prendre en compte pour se permettre de déconseiller une pratique spécifique. "Ça va dépendre de l'intensité du sport pratiqué, des caractéristiques des personnes, des pathologies qu'on peut avoir, etc.", détaille le docteur Benoît Vesselle.

"S'il n'y a qu'une seule règle à retenir, c'est celle des trois R", glisse un agent du ministère des Sports. "L'activité physique c'est bon pour la santé à partir du moment où elle est régulière, raisonnée et raisonnable."

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