Avant d’arriver en équipe de France, Maéva Clemaron a dû effectuer pas mal de sacrifices pour pouvoir vivre ses deux passions : le football et l’architecture, le métier qu’elle pratique au quotidien. Sauf pendant la Coupe du monde, qu’elle veut vivre "à 200%".

Maéva Clemaron après le match France-Uruguay à Tours en mars 2019
Maéva Clemaron après le match France-Uruguay à Tours en mars 2019 © AFP / Guillaume Souvant

Dans la liste des 23 Bleues, Maéva Clemaron est une "incongruité" à double titre. Contrairement à l’Olympique Lyonnais, le Paris-Saint-Germain ou le Montpellier HSC qui regroupent la majeure partie des internationales, son club de Fleury (Essonne) ne fait pas partie des grosses cylindrées du championnat de Division 1.

Mais surtout, la jeune femme (26 ans) fait partie d’une catégorie rare, dans un football qui se professionnalise de plus en plus chez les femmes : elle est la seule joueuse de l’équipe de France, avec Gaétane Thiney (cadre technique à la fédération française de football), à concilier le football avec une activité professionnelle, en l’occurrence l’architecture. Un emploi du temps certes chargé mais moins que lorsqu’elle était à Saint-Etienne.

Dans la Loire, elle suit ses études à l’École nationale supérieure d’architecture et découvre le plus haut niveau avec l’ASSE entre 2008 et 2017 : "Si je n'avais pas donné la priorité à mes études, je n'aurais pas pu obtenir mon diplôme", confie la milieu de terrain à l’AFP. "J'ai la chance de pouvoir exercer deux passions, en priorité aujourd'hui le foot, mais l'architecture c'est vraiment un équilibre pour moi. Par contre, je ne veux plus qu'elle impacte le côté foot." 

Un élément d’équilibre dans le vestiaire

D’où son choix d’adopter le statut de micro-entrepreneur, il y a un an et demi. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur les performances de la native de Vienne (Isère). Dès sa première saison à Fleury, elle obtient en mars 2018 sa toute première sélection en équipe de France A. "Elle est très travailleuse", explique le manager du FCF Fleury Sylvain Carric, qui voit sa joueuse comme un élément d’équilibre dans une équipe. "Dans le vestiaire, elle a toujours des mots très positifs. C’est pourquoi elle a le statut de vice-capitaine. Et en termes de personnalité, c’est une fille très joyeuse… Parfois tête en l’air ! Ses coéquipières la surnomment 'Archi-perchée' car elle 'plane' parfois."

Mais sur le terrain, Maéva Clemaron a bien les pieds sur terre, grâce à son gros volume de jeu et ses grandes qualités de récupération. Des qualités entrevues dès l’enfance sur les terrains isérois, où elle joue avec les garçons jusqu’à l’âge de 14 ans : "Un ami à moi, dont le fils jouait avec Maéva m’a d’ailleurs dit un jour ‘elle jouera en équipe de France’", révélait le père de l’internationale à France Bleu. Maéva Clemaron a presque accompli tous ses rêves. Ne manque plus que celui de brandir le trophée le 7 juillet prochain à Lyon, une ville qu’elle connait bien pour y avoir passé une année en centre de formation.

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