Pendant les vacances d’hiver, la Mairie de Paris a installé une piste de curling sur les quais de Seine. Un nouveau pas vers une réhabilitation de ce sport ancien souvent moqué.

La fameuse pierre de curling, ici aux jeux paralympiques de Pyongchang en 2018
La fameuse pierre de curling, ici aux jeux paralympiques de Pyongchang en 2018 © Maxppp / Xia Yifang Xinhua News Agency/Newscom

Du curling sur les bords de Seine : pour cet hiver, les quais de Paris deviennent un terrain de sports. Biathlon, ski de fond, mais surtout... curling : parmi les activités proposées, ce sport olympique méconnu en France. 

Avec ces initiations, le curling va-t-il enfin se détacher de son image de sport facile, peu fatigant et pas très crédible ? Une image qui lui colle aux basques en France, où, faute de sélection nationale depuis 2010 aux Jeux Olympiques, ce sport est peu médiatisé en dehors des périodes de diffusion des olympiades à la télévision.  

Pour rappel, le curling consiste à faire glisser une pierre sur une surface glacée pour lui permettre d’atteindre, ou d’approcher le plus possible, le centre d’une cible. Pour cela, dans l’équipe, un joueur est chargé de jeter la pierre en direction de la cible, pendant que deux autres frottent la glace à l’aide de balais sur le chemin de ce projectile, pour qu’il glisse jusqu’au centre de la cible.  

La piste de curling installée à Paris, sur les quais de Seine
La piste de curling installée à Paris, sur les quais de Seine © Radio France / Anthony Lebbos

En France, le curling compte entre 300 et 400 licenciés selon les années (320 personnes cette saison, 379 la saison dernière), soit à peine moins que le biathlon – pourtant beaucoup plus exposé. Mais si l’on regarde de plus près, ce sport de glisse a tous les atouts pour connaître un vif “retour de hype” et devenir une activité appréciée partout, au même titre que le foot, le molkky ou le chat perché (si, on vous assure).   

1 – C'est un sport ancestral 

Les origines du curling sont peu claires, mais elles remontent au moins au seizième siècle. Et selon le club suisse du Curling Lausanne Olympique, il faut faire un peu d’histoire de l’art pour remonter celle de ce sport. C’est en effet dans deux tableaux du peintre Pieter Bruegel que l’on voit des patineurs s’amusant avec des objets sur la glace munis d’une sorte de poignée. Et ces tableaux sont datés de 1565. 

En parallèle, des pierres gravées datées du début du XVIe siècle ont été retrouvées dans des lacs et des cours d’eau en Écosse. C’est dans ces zones qu’il est généralement entendu qu’il faut chercher les origines du curling – et c’est là qu’est basée la Fédération mondiale de curling (et non dans un pays nordique, comme on pourrait le penser).  

2 – C'est un sport écolo 

Alors que les sports, surtout à haut niveau, font appel à des matériaux toujours plus innovants, et toujours plus chimiques, il faut bien le dire, le curling est l’un des rares où le matériau principal n’a jamais changé. Car la grosse pierre ronde qui sert de projectile aux joueurs et aux joueuses de curling est faite... en pierre.  

Si du début du XIXe siècle aux années 50, certains clubs utilisaient des pierres en métal (un comble), depuis, la pierre de curling est faite de granite. Les pierres de meilleure qualité sont réalisées en riébeckite, une variété minérale proche du granite. Et une fois la pierre lancée, ni mécanisme ni électricité, tout repose sur les caractéristiques physiques de la pierre et sur l’effet des balais sur la glace.  

3 – C'est comme la pétanque, et il n’y a pas plus hype que la pétanque 

C'est assez évident : un projectile de forme arrondie, qu’il faut envoyer au plus près d’une cible, en jouant sur sa trajectoire. Ce sport est extrêmement proche d’un autre sport, bien pratiqué en France, celui-ci : la pétanque (la glace et les balais en moins, certes).  

Or depuis plusieurs années, cette activité sportive considérée comme dépassée, cantonnée à une pratique dans le sud sous les cigales, est désormais pratiquée par les cadres pendant la pause déjeuner, dans des comités d’entreprise, et repris par les créateurs de mode. Karl Lagarfeld a même organisé une compétition, en 2013. A quand un match de curling sous l’égide de Jean-Paul Gaultier, réinterprétant la cible rouge et bleue sur les tenues des curleuses et des curleurs ? 

4 – C’est kitsch et le branché aime le kitsch 

Il faut bien l’avouer : ce sport a un côté kitsch indéniable. Et il est assez délectable de voir, par exemple, la capitaine de l’équipe de Corée du Sud, Kim Eun-jung, star des Jeux olympiques de Pyongchang, diriger d’une main de fer des joueurs... qui frottent la glace

Si l’acte est indéniablement très physique et beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air, le rendu visuel fait souvent sourire. Mais parfois, le monde du curling joue de ce côté kitsch avec brio. En témoigne le film “Les rois du curling”, plus ou moins bien reçu par la critique en 2012, mais qui a le mérite de l’originalité. Une sorte de “Grand Bain” avant l’heure (ou de “Dodgeball” en moins barré).  

5 – C’est utile. Réellement. Dans la vie de tous les jours.  

On ne vous le dira jamais assez. Musclez-vous les bas en balayant. Vous verrez à quel point l’entretien de votre domicile s’en trouvera facilité. Promis.  

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