Comme à chaque Mondial, le ballon rond déchaîne les passions, et chacun y va de son pronostic. Pour cette édition 2018, les joueurs n'ont jamais été aussi nombreux à parier en ligne en France. Charles Coppolani, président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne, analyse ce phénomène en plein boom.

En bureau de vente, la mise moyenne ne dépasse pas les dix euros, elle atteint une centaine d’euros sur internet.
En bureau de vente, la mise moyenne ne dépasse pas les dix euros, elle atteint une centaine d’euros sur internet. © Maxppp / Matthieu de Martignac

Depuis l'ouverture à la concurrence du secteur des paris sportifs, en 2010, les sites de paris en ligne pullulent et boostent le nombre et le volume des mises. La Coupe du monde 2018 n'échappe pas à la tendance : les 48 premiers matchs de phase de groupe ont généré 363 millions d'euros de mises, plus de deux fois le montant misé sur la même période lors de l'édition 2014. Une progression "très largement liée à un élargissement de la base des joueurs", analyse Charles Coppolani.

Un succès que le président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) explique notamment par une plus grande accessibilité du pari, "de plus en plus sur téléphone mobile ou sur tablette", et par les stratégies des opérateurs en ligne. Plus besoin de se déplacer au bureau de vente, on mise en un clic. Les 12 sites actifs en paris sportifs agréés par l'Arjel, tels que Bwin, Winamax ou Betclic, captent plus des deux tiers des mises depuis le début de la compétition

Le pari des opérateurs en ligne

Comme toutes les grandes compétitions sportives, "la Coupe du monde permet aux opérateurs d'acquérir de nouveaux joueurs". Sur les premiers matchs de la Coupe du monde, Brésil-Suisse est celui qui a suscité le plus de paris. Il est suivi de près, sans grande surprise, par les trois matchs qui ont opposé la France au Pérou, à l'Australie et au Danemark. 

Cette année, certaines des équipes défient les pronostics. Des équipes peu attendues comme le Mexique, la Suisse ou la Corée du Sud qui ont surpris les parieurs. Pourtant, ça ne les a pas rendus plus frileux, et pour cause : "Les opérateurs font en effort de marketing important, analyse Charles Coppolani, ils accordent des bonus aux joueurs pour compenser les pertes qu'ils ont pu avoir en raison des surprises dans cette phase de groupe".

Il n'y a pas de pari parfait.

On parie, bien sûr, sur le gain du match, mais pas seulement. Les parieurs prennent des risques plus grands en misant sur les écarts de but, l'identité des buteurs, le score à la mi-temps... "Le pari fait désormais partie de la fête, les gens échangent sur leurs pronostics et parient ensuite", observe Charles Coppolani. 

Face à cet engouement, l'Arjel met en garde les plus gros joueurs, les hommes de 18-35 ans. L'organisme a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser aux risques du jeu. "On ne gagne pas sa vie avec le pari, on ne se refait pas lorsqu'on perd, prévient le président, il n'y a pas de pari parfait."

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