Deux semaines après avoir été l'objet d'accusations de dopage, le rugbyman du Racing 92 Dan Carter s'exprime pour la première fois, en exclusivité pour Radio France et Le Monde.

Dan Carter joue depuis 2015 avec le Racing 92
Dan Carter joue depuis 2015 avec le Racing 92 © Maxppp / PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP

Dan Carter est finalement blanchi, tout comme ses coéquipiers Joe Rokocoko et Juan Imhoff. La commission anti-dopage de la Fédération française de rugby (FFR) a considéré que trois joueurs du Racing 92 n'ont pas enfreint les règles anti-dopage du rugby français. "Les trois joueurs, le club et le médecin ne sont coupables de rien, sauf d'avoir respecté la loi et les règlements promulgués par l'agence mondiale antidopage", a déclaré le club.

Les trois joueurs avaient été contrôlés aux corticoïdes par l'Agence française de lutte contre le dopage, après la finale du Top 14 contre Toulon, le 24 juin dernier. Mercredi dernier au siège de la FFR, Carter, Rokocoko et Imhoff s'étaient expliqués sur les taux anormaux de corticoïdes que leurs examens présentaient : ils ont affirmé que ces produits avaient été pris par voie autorisée, pour des raisons médicales.

"A qui le crime profite ?" a demandé le président du club Jacky Lorenzetti, signalant que le club avait été "informé le 1er septembre par Canal +" de ces taux anormaux. Pour la première fois depuis la révélation de l'affaire, Dan Carter s'exprime, ce mercredi, en exclusivité pour Radio France et le Monde.

"Pas une surprise"

Être blanchi n'est "pas une surprise" pour Dan Carter. "On savait pertinemment bien ce qu’on avait pris, et qu’on n’avait pas enfreint le règlement. J’avais donc toute confiance en les médecins du club, ce sont eux qui s’occupent des traitements de tous les joueurs, moi-même y compris (...). Toute l'équipe a été contrôlée à l'issue du match". Le joueur rappelle que ce sont des raisons médicales qui l'ont poussé à prendre ce traitement : "Dans le cadre des soins, les médecins m’ont proposé des injections, c’est ce que j’ai fait. Deux jours plus tard, j’ai été consigné au repos total, et puis j’ai pu jouer, tout simplement".

Les médias et le public

"C'est décevant de voir que tout cela a été divulgué dans les médias", explique-t-il. "Ca a été difficile d'avaler que ces informations confidentielles ont été divulguées dans les médias, même si on savait au bout du compte qu'on n'avait rien fait de mal (...). Je pense que les gens vont réussir à dépasser les gros titres, et bien comprendre que je n'ai rien fait de mal. J'ai confiance dans les gens". Désormais, le Néo-Zélandais veut "retourner faire ce [qu'il] aime : jouer au rugby".

Le sport de haut niveau de plus en plus exigeant ?

"Le sport a beaucoup changé, aujourd'hui c'est plus exigeant pour les joueurs", explique Dan Carter. "Mais derrière le sport, il y a plus d'enjeux qu'il y a une dizaine d'années : en terme de récupération, il y a des choses que je ne faisais pas il y a dix ans, comme la cryothérapie, les étirements, les massages deux fois par semaine, les bains d'eau froide...". Mais dans le rugby en particulier, "les blessures ça fait partie du jeu", affirme-t-il. "Toute la récupération est très importante pour éviter les blessures, mais il est toujours possible de se blesser, et quand c'est le cas il faut se soigner en respectant la réglementation antidopage".

Le rugby, épargné par le dopage ?

A la question de savoir s'il a déjà été confronté à des cas de dopage dans son sport, Dan Carter répond simplement "Jamais". Il ajoute avoir "vraiment confiance dans les autorités". "Je pense qu’on peut garder ce sport propre avec une belle intégrité, l’intégrité du jeu, c’est important au plus haut niveau. Je suis convaincu que les autorités veillent à ce que le sport reste propre, avec tous ces règlements antidopage, et il n’y a aucune raison de penser que ça va changer. J’ai vraiment pleinement confiance dans le fait que le rugby reste un sport joué proprement, et je suis persuadé que cela va durer encore longtemps".

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