Les Jeux Olympiques de Tokyo qui vont débuter dans un mois sont un aboutissement pour les sportifs. Mais beaucoup d'athlètes ne vont pas arriver au Japon l’esprit tranquille car ils sont en grande difficulté financière, même dans les sports rois.

Mélanie Hénique et Jordan Pothain, deux espoirs de médailles françaises en natation aux JO de Tokyo
Mélanie Hénique et Jordan Pothain, deux espoirs de médailles françaises en natation aux JO de Tokyo © AFP / AFP

On pourrait imaginer que les athlètes de haut niveau, et d'autant plus ceux qui sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques, connaissent une certaine aisance financière. Il n'en n'est rien. 

"Juste de quoi payer mon loyer"

Après les Jeux de Rio, Jordan Pothain était présenté comme "la future star de la natation française", un nageur taillé pour collectionner les titres, comme le pressentait son entraîneur à l'époque.

Jordan Pothain, sélectionné pour les JO de Tokyo
Jordan Pothain, sélectionné pour les JO de Tokyo © AFP / Yoann Cambefort / Marti Media / DPPI via AFP

Cinq ans plus tard, le natif d'Echirolles en Isère est toujours dans les bassins, mais sans la réussite escomptée et dans une situation précaire. Il soupire, dans un sourire un peu crispé :

En ce moment, j'arrive juste à payer mon loyer et à faire les courses. Et ça avec ce que me donne mon club de Nice et un mécène. C'est hyper compliqué à 27 ans de se projeter quand il n'y a pas cette stabilité financière. Il y a tellement de sportifs olympiques qui sont en galère et là je vois ce que c'est !

Jordan Pothain n’a plus de sponsor, la crise sanitaire est passée par là et n’a rien arrangé. C’est donc un mécène (Pascal Guillemand de la société Medi-pass) qui l’épaule pour l’instant. Celui qui avait atteint la finale du 400 mètres nage libre aux JO de Rio détaille.

La natation, ça devient très compliqué financièrement. Comme vous le voyez, je porte un T-shirt sans marques. 

Avant même d’entamer ses deuxièmes Jeux Olympiques à Tokyo sur le 200 mètres nage libre et en relais, Jordan Pothain pense déjà à l’après. Il va reprendre ses études de kiné et mûrit un autre projet dont il ne veut pas pour l'instant dévoiler les contours. 

C'est fou de se dire que l'avenir est indécis, pas par le côté sportif, mais par cet aspect financier et de vie tout simplement. Il faut que je vive.

"Plus j'élève mon niveau sportif, plus c'est compliqué financièrement !"

Le témoignage de Jordan Pothain n’est pas isolé. 

La nageuse française Mélanie Henique qualifiée pour les JO de Tokyo
La nageuse française Mélanie Henique qualifiée pour les JO de Tokyo © AFP / KEMPINAIRE Stéphane / KMSP / KMSP

Mélanie Hénique, autre tête d’affiche de la natation tricolore, qui n’a jamais semblé aussi proche d’une médaille olympique que cet été, n’a plus de ressource : son sponsor lui aussi s’est retiré à quelques semaines des Jeux. La licenciée du Cercle des Nageurs de Marseille expliquait à France Inter juste avant les Championnats d'Europe en mai. 

En termes de contrat, c’est le vide complet, J’ai presque l’impression que je vais devoir acheter mes combinaisons. Ça devient chaud. C’est incroyable, je préfère en rigoler parce que c’est aberrant. Plus j’élève mon niveau, plus c’est compliqué.

Une belle performance cet été au Japon pourrait faire basculer le cours de leur carrière et pas que sportivement.