Les laboratoires antidopage russes ont protégé les sportifs russes dopés, dans le cadre d'un "système de dopage d'Etat sécurisé". Conclusions de l'agence mondiale antidopage.

LMes Jo de Sotchi dans le collimateur de l'agence antidopage mondiale
LMes Jo de Sotchi dans le collimateur de l'agence antidopage mondiale © Maxppp / Frank May

Le rapport MacLaren, du nom du juriste canadien qui en a eu la charge, est accablant pour le sport et l'Etat russe.Ce document d'une centaine de pages avait été commandé en mai par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) après les accusations de l'ancien patron du laboratoire russe antidopage sur un système de dopage organisé lors des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi 2014.

Ce rapport rendu public ce lundi à Toronto, au Canada, confirme le dopage systématique et la manipulation des tests des athlètes russes. Il met au jour un système très organisé, "dirigé, contrôlé et supervisé" par le ministère des Sports russe (dirigé par Vitaly Moutko), "avec l'aide active des services secrets russes". L'enquête de la commission indépendante de l'AMA affirme qu'un laboratoire de Moscou a couvert ce dopage en échangeant les échantillons "d'urine sale" contre des échantillons sains. L'avocat Richard McLaren assure que le personnel de ce laboratoire était obligé de participer à ce système de dopage.

"Ce système d'escamotage des échantillons positifs aurait été instauré dès 2011 par la Russie et aurait duré jusqu'en août 2015, au bénéfice d'athlètes russes de nombreux sports olympiques d'été et d'hiver lors de compétitions internationales organisées en Russie". Rapport McLaren

Cette stratégie a pu être observée lors des Mondiaux d'athlétisme de Moscou en 2013, mais aussi lors des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi. Entre le 10 septembre et le 10 décembre 2014, soit dans la période précédant les JO, quand sont pratiqués les contrôles ciblés, les échantillons stockés dans le laboratoire de Moscou ont été échangés. En tout, trente sports sont concernés par cette fraude.

Appels à l'exclusion de la Russie des JO de Rio

Le président de l'Agence Mondiale Antidopage, Craig Reedie, appelle à l'exclusion des athlètes russes de tous les événements internationaux, y compris les Jeux Olympiques qui se dérouleront du 5 au 21 août à Rio. La Russie est déjà suspendue de toute compétition internationale d'athlétisme (y compris les JO de Rio) depuis la publication en novembre d'un premier rapport accablant sur ce sport. Pour Valérie Fourneyron, ancienne ministre française des Sports et actuelle présidente du Comité médical de l'AMA, "les faits qui sont aujourd'hui avérés dans ce rapport sont d'une extrême gravité. C'est sidérant. (...) Je crois qu'il n'y a jamais eu un tel degré de corruption, une telle organisation du système de dopage".

De son côté, le président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, estime que cela montre "une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité des sports et des JO". La commission exécutive du CIO pourrait prendre des sanctions ce mardi.

Le Kremlin a vite réagit, dénonçant une "ingérence dangereuse" de la politique dans le sport, mais annonce dans le même temps que la Russie va suspendre tous les responsables mis en cause par le rapport McLaren.

Rapport McLaren
Rapport McLaren / Visactu
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