Le pilote de Formule 1 Charles Leclerc qui fait rugir le moteur d'une Ferrari dans les rues de Monaco, le circuit du Castellet, dans le Var, qui rouvre aux motos... Les sports mécaniques retrouvent la piste et tentent de se relancer après deux mois économiques particulièrement difficiles.

Premiers roulages des motos ce week-end sur le circuit Paul-Ricard après deux mois de confinement
Premiers roulages des motos ce week-end sur le circuit Paul-Ricard après deux mois de confinement © Radio France / Fanny Lechevestrier

Ils n'ont toujours pas de date officielle pour la reprise des compétitions mais après deux mois d'arrêt, les sports mécaniques tentent de se relancer et de se projeter vers l'avenir, avec toujours à l'horizon, la question de l'environnement et la façon de devenir un sport "plus vert".  Dans ce domaine, le circuit du Castellet pourrait jouer un rôle moteur, du moins de modèle.

Tout un symbole, ce dimanche 24 mai, le jour où devait avoir lieu le Grand Prix de Formule Un de Monaco, on a tout de même entendu les moteurs rugir dans la Principauté. Le pilote Charles Leclerc était au volant d’une Ferrari pour un court-métrage de Claude Lelouch qui fait grand bruit.

C'est du bonheur mais il faut faire attention, reprendre tranquillement, ne pas se sentir pousser des ailes.

À 200 kilomètres de là, au Castellet, dans le Var, ce sont les bruits de moto qui ont retenti. Plus de 200 ont participé ce week-end aux premiers roulages sur la piste du circuit Paul-Ricard. "C'est du bonheur", nous confie ce dimanche Yoann, même s'il tient à "reprendre tranquillement, il ne faut pas se sentir pousser des ailes" ajoute-t-il. Mais l'enthousiasme est tout de même difficile à freiner, concède Mathieu, pilote Yamaha : "C'est extraordinaire. En plus, moi, c'est un circuit que j'apprécie tout particulièrement, j'ai  une super expérience du dernier Bol d'Or. Et en plus avec ce soleil...", raconte-t-il avant de préciser que, derrière son sport, "il y a toute une économie qui reprend. Moi, j'en vis, c'est mon fonds de commerce une bonne partie de l'année", explique-t-il.

Un nouveau protocole sanitaire strict

Mais pour profiter de ce plaisir, tous doivent désormais se plier à un protocole sanitaire très précis, décrit Stéphane Clair, le directeur général du circuit : "Le briefing se fait désormais au préalable, à la maison, sur son téléphone portable, son ordinateur. _On a fait des images de synthèse et un briefing dématérialisé_. Pour limiter les contacts, on accueille les personnes avec une procédure minimale, on a mis en place une sorte de drive-in pour que chacun récupère son bracelet d'accréditation pour entrer. Et puis, sur place, on impose les distanciations physiques. Cela veut dire qu'on élargit les paddocks. Par exemple, aujourd'hui, pour un peu plus de 200 motos, on a près de 15 000 m2 de paddocks qui ont été ouverts, pour que chacun puisse s'installer et être éloigné." Des règles qui n'ont pas dissuadé les adeptes de venir ni sur la grande piste ni sur la piste de karting, où là aussi les entraînements battent leur plein.

Des règles sanitaires qui semblent rassurer. Ainsi, pour le karting, les stages d'été pour les plus jeunes sont d'ores et déjà remplis, les parents ayant confirmé la venue de leurs enfants. 

Le circuit du Castellet en pointe pour le développement durable

Mais la pandémie et l’interruption des courses ont eu une autre conséquence : faire réfléchir à l’après et à des sports autos plus verts. Et là, le Castellet et son parc de 350 hectares pourrait bien servir d’exemple. Avec le circuit de Barcelone, ils sont les deux seuls au monde à avoir obtenu une certification trois étoiles de la Fédération internationale de l'automobile. Ainsi, au Castellet, non loin de la piste, vous pouvez voir des ruches qui servent à mesurer la qualité de l’air et de l’eau. Des panneaux solaires produisent de l’électricité pour 3000 foyers. L'eau de pluie est récupérée dans un bassin artificiel pour entretenir les espaces verts.

Le circuit se veut également en pointe pour tester des moteurs plus verts comme l'électrique mais aussi l'hydrogène. "_On est très ouvert à toutes ces technologies et innovations pour que l'on reste un sport acceptable_. L'idée est de les tester via des essais et je l'espère un jour en compétition" précise Stéphane Clair, qui indique ouvrir aussi le circuit aux mobilités douces. Ainsi, ce jeudi 28 mai, ce sont les cyclistes qui prendront possession de la piste.

Deux des quatre ruches installées à proximité de la piste pour étudier la qualité de l'air et de l'eau
Deux des quatre ruches installées à proximité de la piste pour étudier la qualité de l'air et de l'eau © Radio France / Fanny Lechevestrier

Quant au retour des compétitions automobiles, aucune date n'est encore annoncée. Stéphane Clair confirme toutefois qu’une réflexion est engagée pour un Grand Prix de F1 à la fin de l’été, mais "sans public et sans journaliste". Ce serait mieux que rien, dit-il, : "Ce ne serait pas un Grand Prix de France mais une course organisée par la Formule 1 pour la télé. On aimerait bien l'avoir pour voir des Formule 1 bien sûr, mais aussi pour son impact économique pour la région. Maintenant, on est loin d'avoir abouti." Avec la crise du coronavirus, le circuit a perdu la moitié de son chiffre d’affaires annuel.

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