Elle sera sur le terrain face aux Bleues ce vendredi soir au Parc des Princes à Paris. La plus célèbre des joueuses américaines est non seulement l'une des meilleures footballeuses au monde. C'est aussi une militante convaincue des droits des minorités. Quitte à se faire des ennemis. Portrait.

Megan Rapinoe savoure la victoire de l'équipe américaine le 24 juin 2019 face à l'Espagne en 8ème de finale à Reims
Megan Rapinoe savoure la victoire de l'équipe américaine le 24 juin 2019 face à l'Espagne en 8ème de finale à Reims © Getty / Auteur : Maddie Meyer - FIFA

C'est la joueuse aux cheveux courts, parfois blancs, parfois blonds, parfois mauves, que l'on a systématiquement vue les lèvres pincées et l'air grave sur le terrain avant chaque match de l'équipe américaine à la Coupe du monde. La co-capitaine Megan Rapinoe, 34 ans, a décidé de ne pas chanter l'Hymne national américain au début des rencontres. 

Coupe du monde féminine de foot : Megan Rapinoe n'entonne pas l'hymne américain d'avant-match
Coupe du monde féminine de foot : Megan Rapinoe n'entonne pas l'hymne américain d'avant-match © Getty / Maddie Meyer - FIFA

Elle est la seule à ne pas entonner le Star spangled banner. Car Megan Rapinoe, milieu de terrain, est une forte tête. Depuis le 4 septembre 2016, elle boycotte l'hymne en soutien au joueur de football américain Colin Kaepernick qui proteste contre les violences policières à l'égard des noirs américains. Et elle assume. D'ailleurs, en 2016, elle fait comme le fait Kaepernick avant chaque match : elle pose un genou à terre pendant l'hymne en guise de protestation. Elle devient ainsi la première sportive blanche à marquer ainsi son opposition aux actions policières.

Megan Rapinoe, genou à terre, avec l'équipe américaine de foot avant une rencontre face à la Thaïlande en 2016 dans l'Ohio
Megan Rapinoe, genou à terre, avec l'équipe américaine de foot avant une rencontre face à la Thaïlande en 2016 dans l'Ohio © Getty / Jamie Sabau

La guerre est déclarée

Le 25 juin, elle répond à une interview du magazine américain de foot 8 by 8... Elle répond sèchement à la question "si vous gagnez, allez-vous vous rendre à la Maison blanche? 

Je n'irai pas à la putain de Maison Blanche. De toute façon je ne pense pas que nous serons invitées. Nous serons championnes ou ce sera le fiasco. Nous avons beaucoup d'attentes, mais je pense que cela fait aussi ressortir ce qu'il y a de mieux.

Réaction immédiate de Trump en trois tweets où il lui demande en substance de "ne pas être irrespectueuse envers la Maison blanche". Le Président américain affirme que toute l'équipe de foot est conviée à la Maison blanche, qu'elle soit championne du monde ou pas. 

Ardente défenseure des droits LGBT 

Megan Rapinoe, qui est gay, défend les droits des personnes LGBT. Elle fait son coming out en 2012 à l'occasion des JO de Londres. 

Etant une homosexuelle américaine, je sais ce que veut dire regarder son drapeau et sentir qu'il ne protège pas toutes vos libertés

Et elle vient de poser nue avec sa conjointe, la basketteuse israelo-américaine Sue Bird, pour le magazine Sports illustrated dans son numéro spécial consacré aux corps des athlètes, qui sort ce samedi le 29 juin. 

Avec cette une, Megan Rapinoe et Sue Bird font un gros coup pour l'avancée des droits pour tous. Jamais le magazine n'avait fait sa une avec une sportive ou un sportif homosexuel.le.

Avec une partie de l'équipe, elle porte plainte pour discrimination

Avec 27 autres joueuses américaines de foot, elle a porté plainte le 8 mars (journée internationale des droits des femmes) contre la Fédération américain de football (USSF) devant un tribunal de Los Angeles pour discrimination liée au genre, et donc contre l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes dans le foot.

Sur ce dossier, la Fédération américaine de football (USSF) et la sélection féminine vont finalement entamer une médiation à l'issue de la Coupe du monde pour régler cette procédure juridique selon le Wall Street Journal. Les deux parties sont depuis parvenues à un accord de médiation pour mettre fin à leur différend juridique sans passer par un procès, d'après le Wall Street Journal.

Dans leur plainte déposée en mars, les joueuses demandaient des millions de dollars en arriérés de salaires et en dédommagement au motif de primes plus faibles qui leur sont accordées et de leurs conditions d'entraînement moins bonnes que les hommes.

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