Les rencontres féminines de football battent des records de fréquentation, signe d'un engouement qui n'est désormais plus réservé aux hommes et qui promet de faire du Mondial féminin, l'été prochain, un tournant dans l'histoire de la discipline.

Dimanche, 60 000 personnes ont suivi le match entre les joueuses de l'Atlético Madrid et du FC Barcelone. Un record pour un match entre clubs.
Dimanche, 60 000 personnes ont suivi le match entre les joueuses de l'Atlético Madrid et du FC Barcelone. Un record pour un match entre clubs. © AFP / GABRIEL BOUYS

Et si les joueuses de football rencontraient enfin l'engouement qui leur est dû ? À l'approche du Mondial organisé en France du 7 juin au 7 juillet 2019, les rencontres féminines sont de plus en plus suivies. Dimanche, quelque 60 000 personnes ont assisté au match entre les joueuses de l'Atlético Madrid et du FC Barcelone au stade Metropolitano. Un record d'affluence mondial pour un match féminin entre clubs.

Cette affluence a dépassé celle du match mythique entre le club de "Dick, Kerr's Ladies" et celui de "St. Helen's Ladies", en 1920 à Goodison Park, le stade d'Everton en Angleterre (jusqu'à 53 000 spectateurs, en fonction des sources), ainsi que la finale du championnat mexicain féminin entre Monterrey et Tigres en 2018 (51 211).  

Si on prend aussi en compte le football de sélections, la finale du Mondial féminin en 1999 remportée par les États-Unis face à la Chine avait attiré 90 185 personnes au Rose Bowl de Pasadena (Californie), un record absolu.

En Espagne, la marque de dimanche efface le record établi cet hiver lors d'un match de Coupe de la Reine entre l'Athletic Bilbao et l'Atlético Madrid au stade San Mamés de Bilbao (Pays basque) : 48 121 personnes avaient assisté à cette rencontre le 30 janvier.

La Fédération espagnole (RFEF) s'est félicitée dimanche de la "croissance exponentielle" des affluences dans le football féminin. En janvier, le stade d'Alicante a attiré un public record pour un match de l'équipe d'Espagne dames lors d'une rencontre amicale contre les États-Unis (9 182 personnes).  La sélection féminine espagnole, qualifiée pour la Coupe du monde, a été versée dans le groupe B du tournoi prévu cet été en France (7 juin-7 juillet).

Des maillots spécifiques pour les Bleues, une première

Une hausse de fréquentation des matches qui s'accompagne d'une meilleure reconnaissance pour les joueuses. Pour le Mondial-2019, les Bleues ont présenté leur maillot, différent de celui des garçons et dépourvu des deux étoiles, en raison d'un palmarès encore vide chez les filles. Mais une révolution dans le monde du football. "Je trouve ça normal qu'on ait quand même des maillots féminins. C'est l'égalité", a savouré Amandine Henry, capitaine de l'équipe de France de football, lundi en marge d'un événement publicitaire organisé par Nike, équipementier notamment de la France pour le Mondial.

Trois jours avant son rival américain, l'équipementier allemand Adidas avait aussi dévoilé les maillots spécifiques que porteront les sélections féminines d'Allemagne, d'Espagne et de Suède au Mondial-2019, à l'occasion de la 42e Journée internationale pour les droits des femmes.

Aussi un créneau commercial à prendre

Au-delà de la dimension égalitaire, les marques misent-elles aussi sur le foot féminin parce qu'elles pensent y voir un créneau commercial d'avenir ? "Le foot féminin grandit à grande vitesse. Le futur nous le dira, mais nous sommes confiants en notre stratégie d'être présents dans le foot féminin à long terme", a confié à l'AFP Bert Hoyt, vice-président de Nike en charge du football. "Nous pensons que nous sommes au début de notre voyage, et que la Coupe du monde en juin sera un point de basculement pour le futur du foot féminin", a-t-il ajouté.

Une bonne nouvelle pour les joueuses dont les salaires sont loin d'égaler ceux des hommes. Marinette Pichon, pionnière du football en France, se remémore ses "150 francs" défrayés par match. À l'AFP, elle salue l'évolution des moyens et des mentalités qui accompagnent désormais les joueuses de football :

"Donner plus de temps sur les rassemblements, plus d'argent, offrir un accompagnement à la hauteur de l'investissement des filles. Les mentalités de présidents de club ont changé. Le regard des médias a changé. Et puis, il y a cette génération qui arrive et qui bouscule les codes. C'est un tout."

La Coupe du monde féminine aura lieu du 7 juin au 7 juillet en France dans neuf villes hôtes : Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nice, Paris, Reims, Rennes et Valenciennes. La finale aura lieu à Lyon dans un stade qui affichera complet avec quelque 59 000 spectateurs.

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