La Bundesliga reprend samedi en Allemagne. En Europe, la situation est plus floue et pour l'heure, la Ligue 1 française est le seul grand championnat européen à avoir acté la fin de sa saison. Ce qui n'empêche pas certains dirigeants français d'espérer une reprise active ailleurs... Et pas pour des raisons sportives.

Samedi, l'attaquant Erling Haaland enlèvera sa chasuble pour un alléchant Dortmund/Schalke 04 lors de la reprise de la Bundesliga
Samedi, l'attaquant Erling Haaland enlèvera sa chasuble pour un alléchant Dortmund/Schalke 04 lors de la reprise de la Bundesliga © Maxppp / Alexandre Simoes/BVB

"Notre souhait, c'est que nos voisins continuent leur championnat." À quelques heures de la reprise à huis-clos de la Bundesliga en Allemagne, et alors que la Ligue 1 française est le seul des grands championnats en Europe à avoir acté la fin de sa saison, le message de Bernard Caïazzo (co-président de l'AS Saint-Étienne et président du syndicat première ligue), est très clair.

La reprise des autres grands championnats européens s'avérerait ainsi bénéfique pour la trésorerie des clubs français, notamment lorsque le marché des transferts de joueurs sera possible. "S'ils venaient à ne pas poursuivre leur championnat jusqu'au bout, ils se retrouveraient dans une situation économique extrêmement difficile, un peu comme nous aujourd'hui, et cela aurait des répercussions sur le mercato", analyse Bernard Caïazzo.

"On prie tous les jours pour que leurs championnats reprennent et aillent au bout", Bernard Caïazzo

Au co-président de l'AS Saint-Étienne de poursuivre : "Comme nous sommes plutôt des vendeurs, et les Anglais, Italiens, Allemands et Espagnols des acheteurs de nos joueurs, bien évidemment on en subirait des conséquences fortes qui se chiffreraient par des centaines de millions d'euros de moins-values sur notre économie française. Ça nous pénaliserait considérablement."

"Des clubs ont construit leur modèle économique sur le trading de joueurs"

Au même titre que les droits TV, les recettes de billetterie et le sponsoring, cette vente de joueurs est en effet primordiale pour l'économie du football français, grand exportateur de talents à l’étranger depuis de nombreuses années. "Il y a un certain nombre de clubs en France qui ont construit leur modèle économique sur ce que l'on appelle le 'trading' de joueurs, c'est-à-dire, le négoce", décrypte Virgile Caillet, économiste du sport. "Des clubs ont parié sur la formation pour avoir des plus-values à la revente de jeunes joueurs. Et il y a aussi un certain nombre de clubs qui avaient provisionné des revenus grâce à ça."

Sans reprise, des transactions de joueurs revues à la baisse

Pour l'heure, "seul le gouvernement allemand a autorisé son championnat à reprendre mais ce n'est pas pour ça qu'ils vont aller au bout", précise Nicolas Holveck, président du Stade rennais. "En Italie, ils freinent des quatre fers, j'entends le ministre des Sports italien chaque semaine dire que ce n'est pas encore le bon moment. En Espagne, il n'y a encore aucun accord et en Angleterre, on voit que c'est très compliqué. Reprendre est un risque énorme aussi."  Et sans reprise de tous les championnats en Europe, les transactions de joueurs seraient forcément revues à la baisse dans le football français.

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