Le match France-Bulgarie de ce vendredi, en qualifications au Mondial 2018, ravive le souvenir du traumatisme de 93. Et le foot français adore rouvrir ses vieilles blessures.

Les Bleus effondrés, David Ginola à terre, après le but de Kostadinov à la toute dernière seconde.
Les Bleus effondrés, David Ginola à terre, après le but de Kostadinov à la toute dernière seconde. © AFP / AFP

France-Bulgarie, 1993 ?

Mais si, vous vous souvenez forcément : le début de l'infamie nationale pour David Ginola, le coup d'arrêt pour les Bleus de Gérard Houiller, qui rataient là la qualification pour le Mondial 94 aux Etats-Unis. Un but d'Emil Kostadinov dans les toutes dernières secondes de jeu, les Bulgares l'emportaient 2 buts à 1. "Inqualifiable" pour L'Equipe du lendemain, "Le rêve brisé" dans Le Dauphiné Libéré... Le traumatisme était national. Il fallait un coupable, alors on trouva David Ginola, auteur du centre franchement raté qui avait rendu la balle aux Bulgares alors que la France n'avait qu'à garder le ballon pour s'envoler pour les States.

Ce 17 novembre 1993, au Parc des Princes, Didier Deschamps était sur le terrain, milieu défensif, et si Ginola n'avait pas été rendu seul responsable du naufrage français, on aurait bien pu s'interroger sur l'absence de "DD" au marquage de Kostadinov. Deschamps, aujourd'hui sélectionneur des Bleus, refuse de revenir sur le France-Bulgarie de 93, alors que son équipe de France retrouve les Bulgares ce vendredi.

Travail de mémoire...

En ces temps de grande nostalgie footballistique (voir les récentes séances d'auto-flagellation mémorielles autour du France-Allemagne de 1982 ou des poteaux carrés de Glasgow en 1976), ces retrouvailles franco-bulgares ont donné des idées aux médias sportifs. La chaîne L'Equipe a rediffusé le match de 1993 en intégralité mercredi soir. Mais sans les commentaires d'époque de feu Thierry Roland et Jean-Michel Larqué. Et ça n'a pas plu à tout le monde.

Pour ceux qui ne reçoivent pas la chaîne L'Equipe ou qui sont vraiment des inconditionnels de Larqué/Roland, il est possible de revoir la fameuse rencontre sur le site de l'INA, moyennant la somme de 2,99 euros.

Au risque de spoiler, une précision tout de même: l'intérêt du match réside dans ses 90 dernières secondes, et celles-ci, on peut les revoir gratuitement, par exemple sur cet extrait :

Ayant revu la rencontre, So Foot s'est amusé à commenter en direct la débâcle française, comme si elle venait d'avoir lieu, ou comme si le magazine avait existé en 93. Un exercice de style qui conduit So Foot à plus ou moins réhabiliter Ginola, ou en tous cas à partager les torts.

... ou nostalgie vintage ?

Et puisque tout cela, finalement, c'est plus de la nostalgie vintage des années 90 que du vrai intérêt footballistique, on se délectera de la vidéo exhumée par le site de L'Equipe. Images au caméscope tournées par un supporter bulgare en goguette à Paris avec son groupe. Rudement bien placé dans un virage du Parc des Princes, il a filmé le but d'Emil Kostadinov sons un angle inédit... Qui nous confirme que l'action bulgare, interception, passes, contrôle et tir, était irréprochable, et que les français étaient aux fraises.

Revoir ces images devenues celles du traumatisme français, mais cette fois avec en fond sonore l'explosion de joie du kop bulgare, est une expérience d'inversion salutaire. Plutôt que de s'auto-entretenir dans le souvenir de ses propres échecs, autant y voir le beau succès des autres...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.