Pour leur première participation à un Mondial, les Jamaïcaines suscitent l'engouement. Elles jouent ce vendredi contre l'Italie (18h) à Reims. Une aventure qui n’aurait jamais pu voir le jour sans le soutien financier de la fille de Bob Marley, après que les joueuses ont été longtemps abandonnées par leur fédération.

L'équipe féminine de Jamaïque de football avant son match de coupe du monde 2019 contre le Brésil à Grenoble
L'équipe féminine de Jamaïque de football avant son match de coupe du monde 2019 contre le Brésil à Grenoble © AFP / Jean-Pierre Clatot

"Strike hard" ("frapper fort") : c'est bien plus qu'un titre de chanson. C'est également devenu le slogan et l'hymne de l'équipe féminine de Jamaïque. Une chanson signée des enfants de Bob Marley et qui a grandement contribué à financer la sélection raconte Cedella Marley. 

Pendant de nombreuses années, la fille du "king of reggae" a porté à bout de bras la sélection. Et c’est son fils, de retour de l’école, qui l’a alerté en lui donnant un prospectus d’appel aux dons pour soutenir la formation : "Quiconque connaît ma famille, sait que le football est une de nos passions. Alors, au cours des cinq dernières années, la fondation Bob Marley a organisé des campagnes pour lever des fonds, trouver de l’argent. En plus de cela, mes frères et moi avons écrit cette chanson 'Strike hard' dont tous les bénéfices sont versés aux Reggae Girlz" a expliqué Cedella Marley à RFI.

Sans cette aide et un appel aux dons largement relayé par celle qui est désormais l’ambassadrice de l’équipe, il n'y aurait pas eu de Reggae Girlz cet été en France. La sélection n'existerait sans doute même plus. 

Des Reggae Girlz un temps au bord de la disparition

En 2008, la Fédération de football jamaïcaine avait en effet dissous la sélection féminine pour consacrer tout son argent à l'équipe masculine. L'entraîneur Hue Menzies, longtemps bénévole, savoure le chemin parcouru. Bien moins médiatique que la fille de Bob Marley, il est pourtant, lui aussi, un grand artisan de la réussite des Jamaïcaines. Des footballeuses qui ont obtenu, fait historique, un contrat de la part de leur fédération il y a un mois : "Avec la signature de ce contrat, l’équipe est déjà entrée dans la légende. Ce n’est pas qu’une Coupe du monde pour nous, c’est bien plus que cela. C’est une façon de faire changer la vision du football, de changer les mentalités et les regards sur les filles qui pratiquent le football" raconte celui qui a dû faire jouer son réseau aux États-Unis pour permettre à nombre de ses joueuses d’intégrer une université américaine. L’idée étant qu’elles puissent mener de front études et entraînement poussé. 

Autre signe que les choses commencent à évoluer : un grand équipementier sportif vient de signer un contrat avec Khadija Shaw, la star de l'équipe. Une première pour une joueuse des Caraïbes que l’on verra fouler les pelouses de France la saison prochaine, puisqu’elle vient de signer un contrat avec les Girondins de Bordeaux. 

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