Le leader du Vendée Globe, Charlie Dalin, doit passer le Cap de Bonne Espérance à la pointe de l'Afrique ce lundi. Derrière, la majorité de la flotte est arrivée dans les mers du Grand Sud. Pour beaucoup, c'est une grande première : 18 des 33 marins au départ sont des bizuths. C'est le cas d'Isabelle Joschke.

Pour Isabelle Joschke, la navigation dans les mers hostiles du Grand Sud est une découverte.
Pour Isabelle Joschke, la navigation dans les mers hostiles du Grand Sud est une découverte. © © Isabelle Joschke - MACSF

Les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants : des noms qui ont fait rêver Isabelle Joschke (MACSF) avant le départ. En fin de semaine dernière, la navigatrice franco-allemande est entrée dans cet univers fascinant. "Non seulement, je n'ai jamais foulé ces mers mais en plus, peu de gens l'ont fait", nous raconte-t-elle au téléphone depuis son bateau. "Je vais me retrouver très loin des côtes et dans un climat relativement hostile."   

"Il y a une part d'appréhension"

Dans cette partie de l'océan Atlantique, les dépressions s'enchaînent, la mer est très hachée et la navigation n'est pas très agréable. Il faut ressortir les vêtements épais pour contrer le froid après avoir savouré les chaleurs de la zone tropicale. Ce qui l'attend, Isabelle Joschke sait que c'est tout sauf une partie de plaisir : "J'avoue qu'il y a une part d'appréhension parce que ça y est, je suis à la porte de quelque chose que je ne connais pas, d'un endroit où il vaut mieux ne pas avoir trop de pépin. Forcément, l'imaginaire travaille. C'est paradoxal parce qu'à la fois, je me sens hyper bien dans ma course et dans mon bateau et même temps, j'ai le petit frisson de me dire que je rentre dans la grande cour." En milieu de semaine, elle devrait atteindre le Cap de Bonne Espérance à la pointe de l'Afrique, le premier des trois caps mythiques du tour du monde à la voile en solitaire et sans escales (avec le Cap Leeuwin en Australie et le Cap Horn en Amérique du Sud).

En pénétrant dans des latitudes très australes, Isabelle Joschke sait qu'elle va affronter des conditions difficiles et c'est une source d'angoisse pour son premier tour du monde
En pénétrant dans des latitudes très australes, Isabelle Joschke sait qu'elle va affronter des conditions difficiles et c'est une source d'angoisse pour son premier tour du monde / © Isabelle Joschke - MACSF

En descendant vers le Sud, Isabelle Joschke va flirter avec la zone des glaces, la "zone d'exclusion antarctique" (ZEA) : interdiction d'aller dans ce secteur pour éviter les mauvaises rencontres (sous peine également d'être pénalisé selon le règlement de la course) et ce n'est pas toujours très rassurant, reconnait la navigatrice. "C'est un sujet d'angoisse de se dire que derrière cette frontière, il y a potentiellement des icebergs", explique-t-elle. "C'est aussi un sujet stressant parce que longer en permanence une zone interdite demande d'être tout le temps en veille et concentrée."

"Je ne m'ennuie pas du tout"

Après trois semaines de course, la navigatrice dit avoir trouvé son rythme à bord de son monocoque malgré un début de course un peu laborieux et décevant. Elle a dû réaliser beaucoup de bricolage à bord, respectant le fameux adage des concurrents du Vendée Globe : "Un tour du monde, c'est un problème à régler par jour !" "À un moment donné, j'étais même à deux", plaisante-t-elle. Son plus gros chantier, digne d'un MacGyver des mers au féminin : refaire le balcon arrière de son bateau qui s'était arraché. Ces efforts l'ont éreintée, reconnait-elle, mais au final, il y a ce bonheur d'être en mer pour la plus belles des courses. "Je vois que les journées passent très, très vite. À peine il fait jour et j'ai l'impression que quelques heures après, le soleil se couche. C'est ça que j'aime bien. C'est là que je vois que je me sens hyper bien, je ne m'ennuie pas du tout. Je me réveille en me disant : Whaou ! Je suis sur cette aventure."   

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Le temps passe si vite que cette amoureuse des bons plats n'a pas encore eu le temps de faire la cuisine à bord, notamment son dessert doudou : la panna cotta au lait de coco et aux framboises déshydratées. Pas sûr que le menu météo qui l'attend pour les prochains jours le lui permette.